Scandale
Chargé de gérer les recettes des expositions culturelles organisées par la direction régionale de la culture dans la capitale, un fonctionnaire, quinquagénaire, a préféré mener une vie de luxe en compagnie de son amante… avec les deniers publics.
La chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers près de la Cour d’appel de Rabat vient de clore une affaire qui, depuis des mois, a secoué la direction régionale du ministère de la culture, de la jeunesse et de la communication. Au cœur du scandale, un fonctionnaire, chargé de la caisse, et la disparition inexpliquée de près de 420 mille dirhams issus des recettes des expositions culturelles organisées dans la capitale. En état d’arrestation, il a comparu devant la chambre criminelle. Tandis que sa maîtresse a comparu, à son côté, en état de liberté provisoire.
En effet, l’affaire a éclaté lorsqu’il a été remarqué que, pendant des semaines, les chiffres ne collaient plus. Autrement dit, l’argent entrait, mais ne se retrouvait plus dans les comptes. Les soupçons ont d’abord circulé à voix basse, avant de se transformer en plainte officielle déposée par la direction régionale de la culture à Rabat, après la découverte d’irrégularités financières dans le budget, fruit des recettes des expositions organisées dans la ville. Aussitôt, le parquet général près la Cour d’appel de la capitale a réagi en donnant ses instructions pour ouvrir une enquête policière sur les faits de détournement de fonds publics. Très vite, après les investigations, le nom du receveur chargé de la perception des recettes des expositions organisées par la direction régionale est revenu avec insistance.
Placé à la loupe des enquêteurs, les investigations ont révélé qu’autour de lui, les signes ne trompaient plus. Un train de vie soudainement luxueux, des dépenses sans retenue, et surtout une relation affichée avec une jeune femme dont le quotidien semblait désormais rythmé par la voiture neuve et les bijoux étincelants. Au même moment, le coffre de la direction se vidait. Arrêté, il a été placé en garde à vue. Martelé de questions, il a fini par craquer. Les aveux sont tombés, lourds et sans détour. L’argent public avait servi à financer une histoire d’amour. Une voiture, des bijoux, des cadeaux offerts à celle qu’il appelait sa future épouse. Une perquisition chez la jeune femme a confirmé ses déclarations en découvrant des biens achetés avec les fonds détournés qui ont été saisis, telle une voiture.
Les investigations ont établi que le montant total des détournements a atteint près de 420 mille dirhams. Le mis en cause, âgé de cinquante-cinq ans, a été placé en détention provisoire depuis février 2025.
Devant la Cour, il a avoué ses crimes de détournements et dilapidation de deniers publics, falsification de documents informatiques et usage de faux. Quant à son amante, elle a affirmé n’avoir jamais connu l’origine de l’argent et que le comportement de son amant ne lui a jamais éveillé le moindre doute.
Après les délibérations, la Cour a jugé coupable le fonctionnaire véreux et l’a condamné à cinq ans de réclusion criminelle alors que sa maîtresse a été acquittée.









