El Jadida : Un escroc tue sa complice

El Jadida : Un escroc tue sa complice

Nous sommes le jeudi 6 février. Vers 7h30 du matin, El Meknasi sort de chez lui, au quartier El Berkaoui, à El Jadida, en compagnie de son épouse.

N’exerçant aucune activité professionnelle, il a l’habitude de l’accompagner, chaque matin, vers l’établissement scolaire où elle enseigne. A peine font-ils quelques pas loin de chez eux qu’ils se retrouvent encerclés par les éléments de la gendarmerie royale. L’épouse n’en croit pas ses yeux. Mais elle n’est pas au bout de ses peines. Elle regarde les yeux hébétés son mari menotté par les gendarmes et conduit à bord d’une Jeep. Où l’emmènent-ils ? trouve-t-elle la force de demander. Au siège de la compagnie judiciaire de la gendarmerie royale d’El Jadida, lui répond-on.

Là, elle apprend que son mari est impliqué dans une affaire de meurtre ayant coûté la vie à une mère de cinq enfants, âgée de soixante-cinq ans. Son cadavre a été retrouvé, quatre jours plus tôt, c’est-à-dire le dimanche 2 février, criblé de coups d’une arme tranchante, dans la région connue communément sous le nom de La forêt, non loin de la commune de Moulay Abdellah Amghar. Dans sa poche, les limiers ont découvert son téléphone portable. Les investigations ont ciblé les derniers appels reçus et qui ont bel et bien permis aux enquêteurs de pointer du doigt El Meknasi, âgé de cinquante-trois ans, père de deux enfants. Certes, il entretenait avec elle une relation qui remonte à quelques mois.

Licencié de son emploi dans une société installée au parc industriel de Jorf Lasfar, il recourait à l’escroquerie en faisant croire à ses victimes qu’il pouvait les aider à trouver un emploi moyennant une commission. Par un pur hasard, il a rencontré cette mère de famille, à savoir la victime, et lui a proposé de l’aider à chercher les chômeurs qui rêvent d’avoir un emploi. Il lui a permis de négocier librement avec eux tout en lui remettant sa part du gâteau. Et elle a commencé à déplumer les victimes qui ont fini par réaliser qu’ils étaient arnaqués. Alors ils ont cherché à récupérer leur argent sans recourir aux tribunaux. La sexagénaire qui les a mis dans son panier a commencé à faire pression sur El Meknasi pour lui trouver une solution. Devenant un poids trop lourd pour lui, il a pris une décision radicale, à savoir la liquider.

Un rendez-vous a été fixé avec la sexagénaire pour lui indiquer le siège de la société qui allait soi-disant recruter les chômeurs qui lui ont versé de l’argent. Ne se rendant pas compte que les sociétés n’ouvrent pas leurs portes le dimanche, elle s’est retrouvée devant un monstre qui a dégainé son couteau et l’a criblée sauvagement de coups. Dès qu’elle a rendu l’âme, il lui a subtilisé les clés de son appartement et a quitté, ensuite, la scène du crime, destination Azemmour pour se débarrasser de ses espadrilles maculées de sang. Après quoi, il est retourné chez lui.

Le surlendemain, mardi 4 février, il est allé à l’appartement de la défunte pour mettre la main sur un appareil de télévision et autres objets qu’il a transportés à son domicile pour reprendre, enfin, sa vie comme si de rien n’était

Dimanche 9 février, le mis en cause a été traduit devant le parquet général près la Cour d’appel d’El Jadida qui l’a mis entre les mains du juge d’instruction.

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