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Fin de parcours pour un faux intermédiaire judiciaire

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Escroc
A Fès, un jeune homme rattrapé par ses mensonges et ses faux documents numériques devra comparaître, le 12 mars, devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance. Il s’agit d’un escroc profitant de la situation de ses victimes pour les déplumer.

Dans les couloirs feutrés du palais de justice de Fès, l’affaire a fait l’effet d’un coup de tonnerre parmi les justiciables. Un jeune homme qu’ils croisaient à travers les quatre coins de tribunal de première instance à Fès et qui se présentait comme une personne très influente qui avait solution à tout a été déféré, récemment, devant le procureur du Roi pour escroquerie en état de récidive et dénonciation mensongère d’un crime inexistant. Le procureur du Roi a décidé de le maintenir en état d’arrestation. Après quoi, il a été traduit devant la chambre correctionnelle qui a reporté l’examen de son dossier à la semaine prochaine. Un report justifié par la préparation de la défense et la convocation de deux victimes.
L’affaire a commencé par la plainte d’une femme, poursuivie dans une affaire de trafic de drogue. Désemparée, elle a raconté avoir été approchée par un jeune homme qui s’est dit capable de régler son dossier. Il s’est présenté comme un intermédiaire influent, affirmant disposer de relations privilégiées au sein des services de la Sûreté nationale et de la Justice. Selon ses déclarations, il a pu faire annuler la note de recherche émise à son encontre et a pu régulariser sa situation judiciaire. Pour donner du crédit à son discours, il a exigé d’abord 15 mille dirhams au père de la jeune femme, puis a réclamé 30 mille dirhams supplémentaires, sous prétexte de payer une caution nécessaire à l’annulation de la note de recherche. Lors de la dernière semaine du mois de février, le père a versé l’argent demandé et a ajouté 7.200 dirhams par virements successifs. Mais les jours ont passé, les promesses se sont évaporées et la réalité s’est imposée : rien n’a été réglé.
L’enquête menée par les éléments de la brigade antigang relevant de la police judiciaire préfectorale de la sûreté de Fès a mis au jour une supercherie élaborée. Les policiers ont découvert que le suspect a envoyé à la victime un faux document électronique portant l’identité visuelle de la Direction générale de la sûreté nationale. Le document, prétendant annoncer l’annulation de la note de recherche, a été fabriqué à l’aide de l’intelligence artificielle. Il a été transmis via WhatsApp, accompagné de messages vocaux dans lesquels l’escroc a réaffirmé son prétendu pouvoir d’intervention.
Arrêté, il s’est avéré que le suspect n’était pas à son premier coup. Son casier judiciaire a fait état de multiples antécédents : escroquerie, usurpation de fonction, faux et usage de faux, ainsi qu’émission de chèques sans provision. Au cours des investigations, les enquêteurs ont identifié un second suspect, mis à son tour hors d’état de nuire, qui a reconnu avoir fait la connaissance du suspect lors d’une précédente incarcération à la prison de Larache.
Le principal mis en cause a accusé cet ancien codétenu d’avoir participé à l’escroquerie. Mais les vérifications ont établi que celui-ci n’avait aucun lien avec cette affaire. Les enquêteurs ont conclu que cette accusation était en fait une tentative de vengeance, liée à un différend vieux de neuf ans.
L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le dossier a également révélé une autre victime ; une femme à qui le suspect a promis d’obtenir une peine allégée pour son frère, moyennant rémunération. Là encore, l’intervention annoncée n’a jamais existé.