Fkih Ben Saleh : Un meurtre sans cadavre

Fkih Ben Saleh : Un meurtre sans cadavre

Nous sommes en début d’après-midi du samedi 28 août.

Un cordon sécuritaire était déployé autour d’une demeure située au quartier Ouled Sidi Chennane, à Fkih Ben Saleh, où un meurtre a été commis. Les policiers tentaient d’éloigner les badauds de la scène de crime. Vers 14 h, un fourgon, des voitures de police et des policiers motocyclistes sont arrivés. Une femme et son fils adoptifs, âgés respectivement de quarante-neuf et de dix-neuf ans, sont descendus du fourgon, entourés de policiers. Ces derniers les conduisaient à l’intérieur de la demeure, scène de crime. L’affaire a commencé par une demande de recherche dans l’intérêt de la famille déposée, lundi 2 août, auprès des services de police de la ville de Fkih Ben Saleh concernat une femme disprue, prénommée Aïcha, âgée de soixante-trois ans. Une brigade de la police judiciaire de Fkih Ben Saleh a pris l’affaire en main, en coordination avec la préfecture de la sûreté de Beni Mellal.

La première question qui s’est posée pour les limiers concerne Aïcha, si elle est encore en vie ou elle est morte. En fait, les premiers éléments de l’enquête ne leur ont révélé aucune réponse. Mais, les enquêteurs ont recouru au côté technique et scientifique fondé sur l’examen de tout ce qui peut les aider à tirer l’affaire au clair. A ce propos, l’une des vidéosurveillances installées dans le quartier leur a permis de voir une femme qui empruntait le chemin en provenance de la demeure de la femme disparue, Aïcha, tout en tirant une valise à roulettes. Qui est cette femme ? Que renfermait cette valise ? En fait, les investigations ont révélé aux enquêteurs que la femme qui tirait la valise n’était que la voisine de la disparue. Ils ont appris également qu’elle gardait, depuis belle lurette, une rancune contre elle sans en savoir la raison. Elle a été arrêtée, jeudi 26 août, vers le début de l’après-midi, au centre- ville de Fkih Ben Saleh. Soumise aux interrogatoires, elle a nié avoir une relation avec la disparition de sa voisine tout en affirmant que la valise qu’elle tirait renfermait des effets vestimentaires.

En effet, les enquêteurs ont été informés qu’elle vivait sous le même toit avec son fils adoptif. Celui-ci a été interpellé, le lendemain, vendredi 27 août, à Kelaât Sraghna. Il a été conduit au commissariat de police à Fkih Ben Saleh afin d’être soumis aux interrogatoires. Dès les premières questions, il a craché le morceau. Il a avoué avoir été engagé par sa mère adoptive pour mettre fin à la vie d’Aïcha. Il a révélé aux enquêteurs qu’il est rentré chez Aïcha et l’a étouffée par ses deux mains avant qu’elle ne pousse son dernier soupir. Pour quel mobile ? Cet adolescent de dix-neuf ans a précisé lors de son interrogatoire que lui et sa mère adoptive partageaient, de temps en temps, le même lit. Et c’était la défunte qui les a surpris, une fois, quand ils étaient en plein ébats sexuels. Aïcha n’a pas cru ses yeux pour blâmer ensuite sa voisine. Depuis, a-t-il ajouté aux enquêteurs, sa mère adoptive garde une rancune contre Aïcha.

Mais, la dernière fois, elle lui a demandé de se débarrasser définitivement d’elle pour ne pas révéler leur secret. Et il est passé à l’acte. Mais, où est le cadavre de la défunte? L’adolescent a affirmé aux limiers que c’est sa mère adoptive qui s’en est chargée. Toutefois, cette dernière a continué à se disculper tout en précisant qu’elle n’a rien à voir avec ce crime. La mise en cause et son fils adoptif ont été traduits, dimanche 29 août, devant le parquet général près la Cour d’appel de Beni Mellal, poursuivis, en état d’arrestation pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens et recel d’un cadavre. Mais l’enquête n’est pas encore close puisque le cadavre n’a pas encore été retrouvé.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *