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Il ne se souvient pas de la raison pour laquelle il a tué son ami

Il parle de son crime comme d’un geste anodin, comme si l’acte de tuer était un jeu d’enfant, un geste facile. C’est en tout cas l’impression qu’il donne à la Cour, surtout qu’il a déjà purgé une peine de prison également pour meurtre.

Âgé de quarante-et-un ans, il se tient devant les trois magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, poursuivi en état d’arrestation pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner avec récidive. Effectivement, il a déjà perpétré un meurtre qui lui a valu une peine de vingt ans de réclusion. Il avait vingt ans lorsqu’il a tué à coups de couteau un jeune homme, son voisin du quartier. Seulement, il n’a passé que quinze ans en prison, ayant bénéficié d’une grâce royale. Six ans plus tard, il y est retourné, également avec un meurtre sur le dos.
«Je n’avais pas l’intention de le tuer, M. le président», s’adressant à la Cour. Le président lui dit qu’il est effectivement poursuivi pour meurtre sans l’intention de le commettre tout en lui rappelant qu’il avait déjà perpétré auparavant un crime pareil.
Le mis en cause garde le silence un petit moment avant de balbutier quelques mots incompréhensibles. C’est la raison pour laquelle le président lui demande de parler à haute voix. Il lui répond qu’il a seulement dit qu’il ne s’agit que de son destin. Et le président lui demande si son destin lui a chuchoté à l’oreille de tuer à chaque fois une personne. Une fois encore le mis en cause reste muet.
L’affaire a éclaté lorsque le cadavre d’un jeune homme a été retrouvé, corps sans vie, dans un terrain vague, à Hay Mohammadi, à Casablanca. Gisant dans une mare de sang, il portait une grave blessure à la tête. C’est du moins ce que les enquêteurs ont remarqué lors du constat. Ils ont également remarqué quelques bouteilles de vin rouge et de bière et une pierre maculée de sang. Ils en ont déduit que la victime et son meurtrier ont passé une soirée bien arrosée. Pour identifier le mis en cause, les limiers ont recouru aux témoignages des personnes qui ont croisé en dernier la victime. Tous ont attesté qu’ils l’ont vue en compagnie du mis en cause qui a été identifié et arrêté, alors qu’il était chez lui plongé dans un profond sommeil. Soumis aux interrogatoires, il a avoué avoir donné un coup de pierre à son ami mais qu’il ne se rappelle ni le mobile de sa nervosité, ni de leur dispute. Il ne se souvenait même pas comment il est retourné chez lui pour dormir. En fait ce sont les mêmes réponses qu’il a données à la Cour. Il a réaffirmé au président qu’il ne se rappelle rien sauf le coup qu’il a donné à la victime sans vouloir le tuer.
«J’étais drogué et très ivre, M. le président…», a-t-il avoué lors de ses derniers propos devant la Cour qui s’est retirée pour délibérer.
Verdict : Jugé coupable, il a écopé de vingt ans de réclusion criminelle.

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