Faits-Divers

Il tue le petit ami de sa soeur

Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Au box des accusés se tenait Saïd. Ce mécanicien de vingt-trois ans n’avait jamais imaginé, un jour se trouver impliqué dans une affaire qui lui coûtera une peine lourde.
«Tu es accusé d’homicide volontaire…», lui a rappelé le président de la Cour qui le fixait par ses regards.
Saïd a gardé le silence. Comme s’il ne croyait pas encore qu’il est devenu un criminel.
«Je n’avais pas l’intention de le tuer M. le président…», a lancé enfin Saïd tout en fondant en larmes.
Aîné de sa famille, il a abandonné, tôt, l’école. Autrement dit, il n’a pas rejoint ses amis au collège. Et il a été conduit vers un atelier de mécanique. Au fil des jours, il est devenu professionnel. Gagnant sa vie et subvenant aux besoins de sa famille, il jouissait d’une bonne réputation.  «Je n’ai jamais fait du mal une chatte, M. le président…», a-t-il dit à la Cour avec  toujours les larmes aux yeux.  Comment est-il arrivé à tuer ?
«Il m’a provoqué, M. le président…», a-t-il précisé. Comment ?  Saïd venait de quitter l’atelier où il travaille. Il avait l’intention de rentrer chez lui pour quelques minutes, le temps de casser la croûte et de rejoindre ensuite ses amis au café. À mi-chemin de chez lui, il fut surpris par une scène qui l’a touché profondément. Il était resté figé, ne sachant pas comment réagir. Il a surpris sa sœur en compagnie d’un jeune de son quartier. Tous les deux conversaient dans un coin non loin des regards des gens. Tout d’un coup, Saïd s’est approché d’eux, a giflé sa sœur, saisi la chemise de son petit ami tentant de lui asséner un coup de poing. Le jeune qui n’est autre qu’Abdelmajid, âgé de vingt ans, a reculé. Il a essayé de lui expliquer de quoi ils discutaient. En vain. Saïd ne voulait rien entendre. Sa sœur tentait de le calmer. Abdelmajid lui a demandé de se calmer. Toujours en vain. Il ne voulait même pas savoir la nature de la relation qui unit sa sœur et Abdelmajid. «J’étais en colère, M. le président…», a-t-il affirmé devant la Cour. 
Tout d’un coup, Abdelmajid perd le contrôle de ses nerfs,  saisit une barre en fer et lui donne un coup à la tête et  le roue de multiples coups. Il ne s’est arrêté qu’une fois être convaincu que Abdelmajid n’est autre qu’un corps sans âme.  Si le représentant du ministère public a requis une peine lourde contre Saïd, son avocat a sollicité de le bénéficier des circonstances atténuantes. Une demande qui semble avoir été retenue par la Cour. Et elle l’a condamné à quinze ans de réclusion criminelle.

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