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Il tue son ami pour avoir traité sa soeur de prostituée

Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience est archicomble ce jour du mois courant. Bien habillé et bien rasé, Nabil se tenait au box des accusés. De temps en temps, il tournait ses regards vers l’assistance. Comme s’il cherchait quelqu’un. Certes, une jeune femme levait à chaque fois sa main en signe de salut et lui lançait un petit sourire. Etait-elle sa femme ? Non. À son vingt-huitième printemps, Nabil était encore célibataire. «Nabil. S, Ben Mohamed, né en 1980 à Casablanca, célibataire, chômeur, demeurant au Carrière (…)  à Hay Mohammed», lui a rappelé le président de la Cour qui feuilletait le dossier tenu entre ses mains. Nabil se contentait de hocher sa tête sans dire le moindre mot. Et le président de la Cour lui a rappelé les accusations que le juge d’instruction a retenue contre lui : «Tu es accusé d’homicide  volontaire avec guet-apens et préméditation et consommation de drogue». Et comme si une mouche a piqué Nabil. Il a crié : «Non, M. le  président, je n’avais pas l’intention de le tuer. Il était mon ami». Le président de la Cour l’a calmé en lui expliquant : «Nous sommes là pour examiner votre affaire et se rassurer si tu es coupable ou non». Et Nabil a commencé à raconter son histoire. Il a affirmé qu’il  était avec la victime, Saïd, de véritables amis et qu’ils ne se quittaient jamais. Ils étaient sous l’effet de la  drogue quand une simple dispute a éclaté entre eux. Ils n’imaginaient pas qu’une dispute aussi banale puisse dégénérée en meurtre. «M. le président, nous fumions des joints lorsqu’il m’a parlé de ma sœur. Il m’a dit qu’elle couchait avec un voisin. Je ne supportais pas d’entendre ses allégations», a-t-il affirmé à la Cour. Nabil l’a sollicité de se taire et de ne plus parler de sa sœur. En vain. Dans un moment de colère, Nabil n’a pu tenir ses nerfs. Il a brandi  un couteau qu’il portait toujours sur lui et a menacé son ami. «Saïd ne voulait pas se taire. Il a traité ma sœur d’une prostituée», a-t-il précisé à la Cour. Nabil semble avoir perdu tout contrôle de ses nerfs et a donné un coup de couteau à son ami, Saïd. «Je n’avais l’intention que de le faire taire en le blessant, non pas de le tuer», a confirmé Nabil qui semblait avoir regretté son geste criminel. Son avocat, constitué dans le cadre de l’assistance judiciaire, a  sollicité la Cour de qualifier l’acte commis par Nabil de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. «Nabil était clair dans ses déclarations. Il n’a rien prétendu devant  la cour pour se disculper. Mais, il a raconté sa vraie histoire», a  affirmé l’avocat avant de réclamer sa plaidoirie de  bénéficier son client des circonstances atténuantes. Une réclamation  prise en considération par la Cour qui a condamné Nabil à quinze ans  de réclusion criminelle.

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