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Il tue son bourreau à coups de couteau

Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. En tenue de sport, Abdellah se tenait au banc des accusés.  Il n’adressait la parole à personne bien que la Cour n’ait pas encore accédé à la salle d’audience. «Mahkama (Cour)…», a déclaré  l’agent de la salle d’audience obligeant ainsi l’assistance à se lever par respect à la Cour qui venait de rentrer.
Après le report de plusieurs dossiers à des audiences ultérieures pour la préparation de la défense, le président de la Cour a appelé à la barre Abdellah. «Tu es accusé d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens», lui a annoncé le président de la Cour. Une lourde accusation qui peut aller jusqu’à la peine de mort. Pourquoi Abdellah a commis ce crime ? Ce jeune homme, âgé de dix-huit ans, est natif de Taroudant. Il a regagné Casablanca dès l’âge de 15 ans. Dans une laiterie, il a été accueilli, la première fois, par son voisin, Mohamed, âgé de trente-neuf ans, qui a regagné depuis une vingtaine d’années la capitale économique.
Dès sa première nuit, il a commencé à éprouver le calvaire. Comment? Alors qu’il était plongé dans un profond sommeil, Mohamed lui a déboutonné le pantalon avant de le violer. En se réveillant, Mohamed l’a menacé. Abdellah a fini par céder. Depuis, Mohamed le traitait comme une femme. Quand Mohamed a loué une chambre dans une maison, il l’a emmené avec lui. Et il n’a jamais cessé d’abuser de Abdellah. Et quand Abdellah se révoltait et manifestait une résistance, Mohamed le menaçait : «Je vais dire à nos voisins au douar que tu es un homosexuel qui couche avec des hommes». Trois ans d’abus sexuels, de tristesse, d’humiliation et de souffrance. Abdellah ne supportait plus les comportements de Mohamed envers lui. Et il a décidé de le tuer.  Le jour «J», Abdellah, qui dissimulait un grand couteau sous ses vêtements, a demandé à Mohamed de le précéder à la chambre. «Je vais te rejoindre d’ici quelques minutes», lui a-t-il rassuré. Pas moins d’un quart d’heure après la rentrée de Mohamed, Abdellah l’a rejoint. Tous les deux ont pris le dîner. Après quoi, Mohamed s’est dévêtu et s’est allongé sur le lit en attendant Abdellah.
Ce dernier a fait semblant d’aller aux toilettes. Et il est retourné à la chambre. Tout d’un coup, Abdellah l’a lardé de plusieurs coups de couteau. Mohamed est décédé aussitôt. «En prenant en considération les comportements du défunt envers toi, la Cour te bénéficie des circonstances atténuantes», lui a précisé le président de la Cour avant de prononcer le verdict : quinze ans de réclusion criminelle.

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