Faits-Divers

La perpétuité et 50 ans de réclusion pour les meurtriers d’un jeune homme

© D.R

A mi-chemin, il les a rencontrés une fois encore. L’attendaient-ils pour lui restituer son engin à deux roues ? Au lieu de cela ils l’ont tabassé puis lui ont asséné quatre coups de couteau profonds au flanc gauche et blessé à la tête.

Homicide : A Tiznit, alors que cet étudiant universitaire de dix-neuf ans roulait à bord de son vélomoteur portant un repas chaud à son ami hospitalisé, trois malfrats lui ont coupé le chemin. Une tentative de vol qui s’est transformée en un meurtre.

En ce mardi 9 décembre 2025, la chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel d’Agadir planche sur une affaire de meurtre. Dans le box des accusés, trois jeunes hommes comparaissent sous bonne garde. Ils sont poursuivis pour de lourds chefs d’accusation, à savoir homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, ainsi que vol qualifié.

L’atmosphère de l’audience est pesante, à la mesure des faits reprochés et du destin qui se joue entre les murs de la salle. Les regards de l’assistance se fixent sur les trois jeunes hommes qui ont ôté lors d’un moment d’insouciance la vie à un individu qui venait d’avoir ses dix-neuf ans. Il s’appelait Elias, un étudiant universitaire, sans problème, jouissant d’une bonne réputation, bien éduqué et que tout le monde respectait dans la région d’Aïn Zarka, la Source Bleue, à Tiznit. D’ailleurs, c’est là que son meurtre a eu lieu le mercredi 27 août 2025. Le jeune homme a enfourché son vélomoteur avec un geste simple, presque banal, avec en main un panier où il y avait un repas chaud qu’il allait porter à son ami hospitalisé à la suite d’un accident de la circulation.

Un geste d’amitié, de ceux qui passent inaperçus, mais qui, cette nuit-là, allait le conduire vers une rencontre fatale. Dans l’une des ruelles de cette région de la Source Bleue, trois silhouettes surgissent de nulle part et lui coupent le chemin. Des jeunes hommes connus dans le voisinage, multirécidivistes et une réputation de violence. Leur intention se révèle rapidement : s’emparer de son vélomoteur et du repas qu’il portait à son ami. En quelques instants, l’échange dégénère en une agression violente. Le jeune homme s’est vu dépouillé de son vélomoteur, ainsi que du repas qu’il s’apprêtait à livrer à son ami. Son intention était ensuite de rentrer chez lui, récupérer sa carte d’identité nationale, puis se rendre au commissariat pour déposer plainte. A mi-chemin, il les a rencontrés une fois encore. L’attendaient-ils pour lui restituer son engin à deux roues ? Au lieu de cela ils l’ont tabassé puis lui ont asséné quatre coups de couteau profonds au flanc gauche et blessé à la tête. Elias s’est effondré. Lorsque l’ambulance est arrivée, il était déjà trop tard. Le jeune homme a rendu l’âme sur place. Le cadavre de l’étudiant universitaire a été évacué vers la morgue pour subir une autopsie avant qu’il soit remis à sa famille et enterré. Et très vite, les enquêteurs ont reconstitué le fil des événements. Les témoignages, les indices techniques et les premières déclarations ont convergé vers une même vérité : à l’origine du crime, une tentative de vol, nourrie par un déchaînement de violence incontrôlé. Et les trois mis en cause ont été arrêtés. Ils ont été placés en garde à vue avant d’être traduits devant le parquet général près la Cour d’appel d’Agadir, puis devant le juge d’instruction avant leur comparution devant les trois magistrats de la chambre criminelle.

Près de trois mois et demi plus tard, dans le silence solennel de la salle d’audience, les trois accusés ont tenté de convaincre la Cour qu’ils voulaient seulement intimider la victime. Une version qui n’a pas résisté à l’examen des faits. Le ministère public a rappelé la gravité des actes, la violence des coups, et l’irréversibilité de la mort.
Après les délibérations, le verdict est tombé : la perpétuité pour le principal meurtrier et vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour chacun de ses deux complices.