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Laâyoune : Une serveuse retrouvée morte dans un sac

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La découverte du corps sans vie d’une jeune serveuse, vingtenaire, abandonné dans un sac en plastique sous un pont de l’oued Sakia El Hamra, a plongé la ville de Laâyoune dans l’émoi. En moins d’une semaine, l’enquête de la police judiciaire a permis l’arrestation de six suspects. Derrière ce drame se dessine le récit d’une soirée bien arrosée qui a viré en une violente altercation mortelle.

Sous le pont qui enjambe l’oued Sakia El Hamra, le silence du matin du lundi 27 juillet a été brutalement rompu par une découverte qui allait bouleverser les habitants de la ville de Laâyoune. Dans un sac en plastique abandonné sur les berges, les enquêteurs ont retrouvé le corps sans vie d’une jeune femme de vingt-quatre ans. Une scène macabre qui a immédiatement plongé les curieux qui étaient sur place dans la stupeur et déclenché une course contre la montre pour comprendre ce qui s’était réellement passé.

L’alerte avait été donnée. En quelques instants, les lieux se sont transformés en une véritable scène d’enquête. Les éléments de la police judiciaire, accompagnés des équipes de la police scientifique et technique, ont investi le secteur pour effectuer les premières constatations, relever les indices et tenter de recueillir les premiers éléments susceptibles de guider les investigations.

Très vite, les premiers examens ont orienté les enquêteurs vers la piste criminelle. La victime, qui travaillait comme serveuse dans un café de Laâyoune, portait des traces de violence, notamment des blessures à la tête et des ecchymoses au visage. Autant d’éléments laissant penser qu’elle n’était pas morte de manière accidentelle, mais qu’elle a été victime d’une agression. Le cadavre a été évacué vers la morgue de l’hôpital régional de Laâyoune sur ordre du parquet général. Une autopsie médico-légale a alors été ordonnée afin de déterminer avec précision les causes du décès et de reconstituer les circonstances exactes de cette disparition tragique. Durant les heures qui ont suivi la découverte, les enquêteurs ont multiplié les vérifications. Les auditions de proches, l’exploitation des données disponibles et les analyses techniques ont progressivement permis de lever le voile sur les derniers moments vécus par la jeune femme. Une enquête de terrain minutieuse qui allait rapidement conduire à des avancées décisives. Six jours plus tard, dimanche 2 août, la préfecture de police de Laâyoune a annoncé l’arrestation de six personnes, dont une mineure, âgées de dix-sept à trente-huit ans. Ces interpellations ont été réalisées par la brigade de lutte contre les gangs relevant du service préfectoral de la police judiciaire, avec l’appui des services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Les mis en cause sont poursuivis pour des faits présumés de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, de complicité, de non-dénonciation d’un crime ainsi que d’ivresse publique manifeste. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, la victime a passé une partie de la soirée en compagnie de plusieurs personnes dans une ambiance marquée par la consommation de boissons alcoolisées. C’est au cours de cette rencontre qu’une dispute a éclaté entre elle et le principal suspect. Une altercation qui a rapidement dégénéré. Après les faits, les personnes présentes ont tenté de dissimuler les circonstances réelles du décès. Les investigations révèlent que le corps a ensuite été transporté à bord d’un véhicule avant d’être abandonné sur les berges de l’oued Sakia El Hamra. Mais le déplacement du corps n’a pas suffi à effacer les traces laissées derrière cette nuit tragique. Grâce au travail coordonné des différents services de sécurité, les enquêteurs ont réussi à identifier plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées et à procéder à leur arrestation.

Les cinq mis en cause majeurs ont été placés en garde à vue sur décision du parquet général tandis que la mineure a été placée sous contrôle judiciaire. Les auditions se poursuivent pour déterminer le rôle exact de chacun et établir le degré de responsabilité des personnes impliquées. Et l’enquête reste ouverte. Car les enquêteurs cherchent notamment à retrouver le conducteur du véhicule utilisé pour transporter le cadavre et à vérifier si d’autres personnes pourraient avoir participé, de près ou de loin, aux faits.