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Le tablier de la mort

Nous sommes le samedi 25 avril. Il était un peu plus de 8H. du matin. La salle de trafic de la police de Hay Hassani-Aïn Chock, à Casablanca, vient de recevoir un appel téléphonique : «Il y a eu un meurtre dans une boulangerie». Le policier chargé de la salle de trafic a alerté les éléments de la PJ qui assuraient, ce jour, la permanence. Ils ont appris que le crime avait eu lieu dans une boulangerie située au quartier Al Qods. Ils se sont dépêchés sur les lieux. À l’intérieur de la boulangerie, un jeune homme allongé par terre, gisant dans une mare de sang, et ayant une grave blessure à sa poitrine. Qui est-il? «Il s’appelle Mohamed», a répondu le patron de la boulangerie qui a poussé un soupir de regret parce qu’il s’est abstenu d’intervenir au moment opportun. Trop tard! Ce boulanger, âgé de vingt-sept ans, a quitté Marrakech depuis six ans pour travailler dans cette boulangerie. Bien qu’il était costaud, il était une personne sans problèmes. C’est ce que racontent ses collègues qui travaillent avec lui la nuit. Car Mohamed ne travaillait pas le jour. C’est son meurtrier, Younès, âgé de vingt-quatre ans, marié et père d’un enfant, qui travaillait le jour. Ils ne se rencontraient que durant quelques minutes durant le matin et la nuit lors de l’arrivée de l’un et le départ de l’autre. Ces minutes étaient-elles suffisantes pour qu’ils arrivent à ce point mort? Oui. Pour quel mobile? En fait, le mobile était très banal. Il y a quelque mois, Mohamed, qui travaille la nuit, n’avait plus de tablier. C’est la raison pour laquelle il endossait celui de Younès qui travaille durant la journée.
«Je ne veux pas qu’il mette mon tablier», s’est exprimé Younès devant son patron. Pour celui-ci, il ne s’agissait que d’un simple malentendu qui ne méritait pas son intervention. Mais les mauvaises langues ont chuchoté dans les oreilles de Mohamed : «Younès s’est plaint au patron. Un comportement qui n’a pas plu à Mohamed. Celui-ci a passé la nuit du vendredi 24 au samedi 25 avril, à travailler. Quand il avait terminé sa tâche, samedi matin, il a attendu Younès. Quand celui-ci est arrivé, Mohamed s’est arrêté devant lui. «Pourquoi te plains-tu au patron?», a demandé Mohamed à Younès. Tout d’un coup, le ton est  monté d’un cran entre les deux protagonistes. Les paroles ont cédé la place aux mains surtout que Mohamed a surpris son collègue par une gifle. Un geste qui a mis Younès hors de lui. Leurs collègues ne sont pas intervenus. Ils se sont contentés d’observer la scène sans intervention ! Très vite, Younès a saisi un couteau et l’a planté au niveau de la poitrine de Mohamed. Pas moins de quelques minutes, celui-ci a rendu l’âme. Et Younès a été traduit, lundi 27 avril, devant la justice.

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