Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Marrakech. A la barre se tient un jeune infirmier stagiaire, 20 ans, poursuivi en état d’arrestation pour attentat à la pudeur avec violence sur une mère de famille. Certes, à l’instar de la majorité des mis en cause, ce jeune infirmier se disculpe catégoriquement tout en affirmant que son comportement envers la plaignante n’avait rien à voir avec le harcèlement sexuel ou l’attentat à la pudeur.
La scène s’est déroulée dans un dispensaire situé à Bab Taghazout, en ancienne médina à Marrakech, le jeudi 10 février. Ce jour-là, cette mère de famille s’est rendue, comme elle en a coutume chaque mois, au dispensaire pour demander à l’infirmière principale de lui remettre des préservatifs pour son mari. Malheureusement, l’infirmière n’y était pas. En remarquant un jeune homme qui portait également un tablier blanc, elle lui a demandé si l’infirmière allait venir ou pas. Sa réponse était un petit «oui» tout en la retardant à chaque fois qu’elle s’apprêtait à partir. Dès qu’il n’y avait plus de patients, il l’a informée qu’il pouvait lui rendre service en lui donnant les préservatifs. Et pourquoi ne les lui a-t-il pas donnés dès le départ sans la laisser tout ce temps à attendre l’arrivée de l’infirmière ? La réponse n’allait pas tarder. Il lui a demandé de l’accompagner vers le bureau de l’infirmière principale du dispensaire. En y rentrant, il a verrouillé hermétiquement la porte de l’intérieur. Effectivement, il lui a donné des préservatifs avant qu’il ne commence à lui poser des questions embarrassantes. Perturbée, elle a tenté de contourner les questions en lui expliquant qu’elle souffrait de douleurs au niveau des jambes et l’a sollicité de lui fournir des médicaments pour le rhumatisme.
En réponse, il lui a expliqué que ses jambes ne nécessitaient pas des médicaments, mais uniquement des exercices sportifs. Et il s’est levé rapidement de la chaise pour se tenir debout derrière elle tout en lui touchant les fesses et commençant à se frotter contre elle. Hors d’elle, cette mère de famille a commencé à le menacer de crier s’il ne s’éloignait pas d’elle et ne lui ouvrait pas la porte. C’est ainsi qu’il l’a laissée partir. Le lendemain, vendredi 11 février, elle a tout confié à son mari qui l’a accompagnée au siège du 2ème arrondissement de police pour porter plainte. Le samedi 12 février, l’infirmier stagiaire a été convoqué pour être soumis aux interrogatoires. Contrairement à ses déclarations devant la Cour, il a avoué devant les enquêteurs de la police son crime.
Jeudi 24 février, la Cour l’a jugé coupable et l’a condamné à un an de prison dont quatre mois ferme et six avec sursis.










