Détournement
Sous ses airs de gardien de l’ordre, il cachait un lourd secret. Un brigadier de la police de la circulation à Marrakech a été placé en garde à vue après qu’une mère a dénoncé l’agression sexuelle de sa fille mineure, séduite via WhatsApp.
Il faisait encore jour, lorsque les limiers de la sûreté préfectorale de Marrakech ont frappé à la porte d’un appartement de la ville ocre. Le jeune homme qu’ils venaient chercher n’était pas un inconnu du quartier. Portant le grade de brigadier, il est fonctionnaire de la sûreté nationale exerçant à la brigade de la police de circulation à Marrakech, veillant au respect de la loi qu’il avait juré de servir.
Mais ce vendredi 28 août, c’est lui qui allait se retrouver de l’autre côté de la loi.
Tout avait commencé quelques jours plus tôt, lorsqu’une mère, le cœur brisé, avait franchi le seuil du commissariat de la préfecture de police de Marrakech. Elle venait porter plainte. Sa fille, encore mineure, avait été victime d’une agression sexuelle. L’auteur présumé, avait-elle appris, n’était autre qu’un adulte que sa fille avait rencontré et avec qui elle avait entretenu, sans que personne ne s’en doute, une relation amoureuse.
Les enquêteurs de la brigade préfectorale de la police judiciaire se sont aussitôt saisis de l’affaire. La victime, auditionnée avec délicatesse en présence de son tuteur légal, a livré son récit. Peu à peu, les enquêteurs ont reconstitué le fil des événements. Une relation qui s’était tissée à travers des messages échangés sur WhatsApp, des attentions et une gentillesse soigneusement mises en scène par un homme bien plus âgé, qui avait su profiter du jeune âge et du manque de discernement de sa victime pour l’attirer loin des regards et coucher ensemble. Ce n’était pas une seule fois, mais plusieurs, a-t-elle dit aux enquêteurs. L’enquête a progressé rapidement. Les éléments recueillis ont permis d’identifier le suspect et de retrouver son adresse. Et c’est ainsi que, ce vendredi soir, les policiers chargés de l’affaire se sont retrouvés face à l’un des leurs : un collègue censé incarner l’autorité et la protection, mais que les indices désignaient comme l’auteur du crime.
Arrêté sans résistance, l’homme a d’abord tenté de nier les faits qui lui étaient reprochés. Mais les messages exhumés de son téléphone, ces conversations qu’il pensait sans doute effacées ou oubliées, sont venus contredire ses dénégations. Et la vérité s’est imposée. Un policier qui avait choisi de trahir son serment, d’abandonner toute déontologie, pour se muer en prédateur d’une adolescente vulnérable. Du coup, le parquet général près la Cour d’appel de Marrakech a tranché en donnant ses instructions de placer le mis en cause en garde à vue. Après l’achèvement de sa durée légale, il a été traduit, en fin de la semaine, devant le parquet général qui a pris la décision de le garder en détention préventive tout en le mettant entre les mains du juge d’instruction.










