Meknès : Six mois de prison pour avoir fait chanter une fille de joie

Meknès : Six mois de prison pour avoir fait chanter une fille de joie

Nous sommes dans un restaurant-bar situé au quartier Hamriya, dans la cité ismaélite, Meknès.

Un jeune homme rentre et s’attable. Il demande une bière tout en scrutant les quatre coins du restaurant-bar qui semble encore vide. Tout d’un coup, son regard et celui d’une belle fille de joie se croisent. Un beau sourire suffit pour qu’elle le rejoigne. Il l’invite à boire. Et la conversation s’engage. Il ne tarde pas à lui proposer de passer la nuit ensemble. Elle accepte, mais ils doivent se mettre d’accord sur la contrepartie, insiste-t-elle. Le jeune homme sourit et sans réfléchir lui propose 1.500 DH. Elle n’en croit pas ses oreilles, c’est pourquoi elle lui demande s’il est sérieux. Pour la convaincre, il sort une liasse de billets de banque dont il retire 1.500 DH et les lui remet. Vers 22 h, il lui demande de quitter le restaurant-bar et d’aller ensemble chez lui.

Aussitôt, il sort pour chercher un petit taxi alors qu’elle remet les 1.500 DH à une amie lui demandant de les garder jusqu’au lendemain. Après quoi ils se dirigent vers un appartement situé au quartier Al Mansour où ils passent la nuit. Trois semaines plus tard, le même client lui téléphone et lui annonce la mauvaise nouvelle : il garde quelques vidéos de la nuit qu’ils ont passée ensemble sur le même lit. Sans détour, il la menace de les publier sur les réseaux sociaux si elle refusait de faire ce qu’il lui demande. Mais qu’est-ce qu’il veut, lui a-t-elle posé la question.

Pour ne pas poster les vidéos compromettantes sur les réseaux sociaux, il lui a proposé l’une de deux choses : soit qu’elle conduit chez lui des prostituées qu’il fera chanter après les avoir enregistrées, soit qu’elle lui verse une somme de cinq mille dirhams. Croyant qu’il n’a rien entre les mains, n’ayant remarqué, cette nuit-là, ni caméra ni smartphone, elle met fin à la conversation et bloque son numéro. Pas moins de quelques minutes plus tard, il lui envoie quelques séquences les montrant en pleins ébats sexuels. Elle ne sait à quel saint se vouer. En fait, elle ignorait qu’il avait déjà tout préparé avant qu’ils rentrent ensemble. D’abord, elle rejette catégoriquement la première proposition.

Car, elle n’avait pas l’intention de participer à un crime dont les victimes seront ses amies. Mais, elle accepte la deuxième proposition. C’est pourquoi ils fixent un rendez-vous pour le lendemain dans un café situé au boulevard Mohammed VI afin de lui remettre l’argent. Toutefois, il ne savait pas qu’elle avait un autre scénario, à savoir aller porter plainte.

Le lendemain, dès qu’il a empoché l’argent, les policiers le menottent et le conduisent au commissariat. Soumis aux interrogatoires, il avoue qu’il commence à peine à mettre son plan à exécution, à savoir extorquer les prostituées. Des vidéos de la plaignante ont été découvertes dans les fichiers de son smartphone et son PC.

Traduit devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Meknès, le suspect, poursuivi en état d’arrestation pour escroquerie et tentative d’escroquerie, débauche et enregistrement des vidéos pour une personne qui se trouve dans un lieu privé sans son consentement, s’est contenté de demander au tribunal d’être clément envers lui.   

Verdict : Le jugeant coupable, mais en prenant en considération qu’il n’est pas repris de justice, la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Meknès a décidé de le faire bénéficier des circonstances atténuantes et le condamner à six mois de prison ferme assortie d’une amende de mille dirhams.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *