Faits-Divers

Quinze ans de réclusion criminelle pour un violeur en série

© D.R

Récidiviste
Repérant ses proies parmi les jeunes femmes seules, ce récidiviste de vingt-huit ans, déjà condamné pour viol, a semé la terreur avant qu’il soit arrêté et traduit devant la justice qui l’a jugé coupable pour kidnapping, séquestration et viol.

À l’aube, alors que le quartier plongeait encore dans le sommeil, ce jeune homme quittait discrètement son domicile à Hay Moulay Rachid, à Casablanca. Rares sont les nuits où on le voyait rentrer chez lui. Sans emploi, sans attaches familiales, rongé par l’alcool et la drogue. Prompt à la bagarre et à la violence gratuite, il jouissait d’une mauvaise réputation. Au quartier, sa seule présence suffisait à faire fuir les voisins. Son passé judiciaire, lui, en disait long. À seulement vingt-huit ans, ce jeune homme a déjà connu la prison y passant quatre ans pour avoir violé une jeune femme. Loin de l’avoir corrigé, cette incarcération semble avoir renforcé sa dangerosité. Libéré, il n’a rien appris, rien compris, et s’est remis à nuire de plus belle, animé par des pulsions qu’aucune peine d’emprisonnement n’a pu étouffer. Son mode opératoire était glaçant. Il repérait ses cibles parmi les jeunes femmes vivant seules, qu’elles soient célibataires, divorcées ou veuves. Il observait, patientait, notait leurs habitudes, en particulier l’heure à laquelle elles sortaient pour se rendre au travail. Le jour venu, il se postait près de leur domicile et attendait le moment propice. Dès qu’elles franchissaient le seuil, il n’hésitait pas à se jeter sur elles, ne leur laissant la moindre occasion pour demander du secours. Une main plaquée sur la bouche pour étouffer tout cri et une lame glissée sous l’aisselle pour couper court à toute résistance. En quelques secondes à peine, il les poussait à l’intérieur de chez lui et verrouillait la porte derrière lui. Ce qui suivait était un calvaire : il les obligeait à se dévêtir puis un viol d’une brutalité extrême, avant de les jeter en dehors comme un papier mouchoir.
Au nombre de quatre victimes, elles ont franchi la porte du commissariat pour porter plainte contre leur bourreau. Connu par les services de police, ces derniers n’ont pas trouvé de difficulté à le mettre hors d’état de nuire. Soumis aux interrogatoires par la police, il a été traduit ensuite devant le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca, ensuite devant le juge d’instruction avant d’être présenté devant les trois magistrats de la chambre criminelle.
À l’audience, l’accusé a adopté une attitude évasive, alternant dénégations et silences prolongés face aux questions des magistrats. La défense des parties civiles a insisté sur le caractère prémédité des agressions et sur la vulnérabilité délibérément exploitée des victimes. Le représentant du ministère public, rappelant la récidive et l’échec de la première peine à produire un quelconque effet dissuasif, a requis une peine maximale pour le mis en cause. Toutefois, l’avocat de la défense constitué dans le cadre de l’assistance judiciaire a réclamé de faire bénéficier le mis en cause des circonstances atténuantes.
Au terme de sa délibération, la Cour a jugé l’accusé coupable de kidnapping, séquestration, viol, menace à l’arme blanche et coups et blessures et a prononcé à son encontre une peine de quinze ans de réclusion criminelle.

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