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Suicide d’une étudiante à Rabat : 3 ans de prison ferme pour son amant

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Drame
Le soir du jeudi 25 décembre 2025 tire à sa fin lorsque le verdict tombe, à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat, mettant un terme judiciaire, au moins en première instance, à l’affaire du suicide, au mois de mai dernier, d’une étudiante en droit à Rabat.

Elle avait dix-huit ans, étudiante à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales à Rabat. Alors que le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation assure que cette étudiante ne résidait dans aucune cité universitaire, sa famille affirmait le contraire. Toutefois, les faits qui ont eu lieu, ce jour de la dernière semaine du mois de mai 2025, à la cité universitaire Souissi, ont confirmé que l’étudiante y était. Car, ce jour-là, l’alerte est donnée en urgence. La jeune fille a été retrouvée dans un état critique après avoir ingéré une substance toxique. Transportée en urgence à l’hôpital Moulay Youssef, elle a lutté pendant des heures contre la mort. En vain. Peu avant minuit, elle s’est éteinte, laissant derrière elle un silence lourd et une onde de choc qui a traversé le campus universitaire.
Très vite, les rumeurs se sont propagées. À la cité universitaire, certains parlaient d’empoisonnement, d’autres évoquaient des conflits entre colocataires. Deux étudiantes, qui partageaient la même chambre que la victime, se sont retrouvées au centre des soupçons. Les éléments de la police judiciaire dans la capitale ont pris l’affaire en main et ouvert une enquête.
Le cadavre de l’étudiante a été évacué vers la morgue afin d’être soumis à une autopsie médicale. Les premières certitudes sont tombées avec le rapport rédigé par le médecin légiste : la mort est due à l’ingestion volontaire d’un raticide. Bref, il ne s’agissait pas d’un crime, mais d’un suicide. Reste à savoir pourquoi elle s’est donné la mort.
Les enquêteurs ont remonté le fil de la vie de la défunte. À Aïn Aouda, chez sa famille, puis dans son cercle universitaire, ils cherchaient la moindre fissure, le moindre secret. Le père de la jeune femme leur donne alors une sérieuse piste. Il leur révèle qu’alors qu’elle agonisait en soins intensifs, sa fille a prononcé un nom. Il s’agit d’un jeune homme, âgé de vingt-trois ans. Selon les éléments de l’enquête, la jeune étudiante a été victime de manœuvres de séduction alors qu’elle était encore mineure, avant de subir une agression sexuelle violente ayant entraîné la perte de sa virginité. Pour l’étudiante universitaire, le choc était immense. La peur de la révélation, le regard de la famille, le jugement du voisinage et le poids de la honte sociale l’enfermaient dans une détresse silencieuse. Incapable d’affronter ce qu’elle considérait comme une fatalité, elle a choisi de fuir. Elle a quitté le foyer parental et s’est rendue à l’université où elle étudiait pour rejoindre ses deux amies, qui résidaient à la cité. Dans leur chambre, à leur insu, elle a avalé le poison. L’autopsie a confirmé également des conclusions frappantes en révélant que la victime avait subi des rapports sexuels ayant causé une atteinte irréversible à son intégrité physique. Confronté aux faits, le mis en cause a reconnu la relation, mais a nié toute responsabilité dans le suicide. Et pourtant, la Cour qui a examiné l’affaire l’a jugé coupable pour détournement d’une mineure et attentat à la pudeur ayant entraîné la défloration et l’a condamné à trois ans de prison ferme.