Escroquerie
La police de Tanger a mis hors d’état de nuire, mardi, un quadragénaire qui usurpait l’identité d’un fonctionnaire de police pour extorquer de l’argent à ses victimes. Menottes factices, pistolet en plastique, discours calqué sur celui des enquêteurs : l’homme, déjà connu pour des affaires d’escroquerie, avait mis en place toute une mise en scène pour se faire passer, selon les cas, pour un officier de la police judiciaire ou pour un agent de la DGST.
Dans le quartier huppé de Malabata, à Tanger, l’agitation était inhabituelle mardi 21 juillet.
À proximité d’une résidence donnant sur la corniche, plusieurs habitants ont remarqué une présence policière discrète mais soutenue.
Depuis plusieurs jours, les services de la police de la ville s’intéressaient à un homme dont le nom revenait avec insistance dans différentes plaintes et témoignages. Cet homme, quadragénaire, se présentait comme un fonctionnaire de police influent, capable, selon ses propres dires, de débloquer des dossiers administratifs et d’intervenir auprès de diverses administrations publiques en échange de contreparties financières, bref, des pots-de-vin.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le suspect avait réussi à convaincre plusieurs personnes de son prétendu statut grâce à une mise en scène soigneusement entretenue. Il se déplaçait avec assurance, usait d’un langage emprunté aux professionnels de la police et exhibait parfois un appareil de communication radio destiné à renforcer sa crédibilité. Cette apparence de légitimité a permis à l’intéressé de gagner la confiance de certaines victimes qui voyaient en lui un intermédiaire privilégié capable d’accélérer leurs démarches.
Après avoir recueilli plusieurs informations concordantes, les enquêteurs de la police ont mis en place une surveillance discrète afin de vérifier les soupçons qui pesaient sur lui. Les investigations ont conduit les enquêteurs jusqu’à un appartement qu’il occupait dans la résidence, l’un des ensembles résidentiels les plus connus du secteur de Malabata. Une fois les éléments nécessaires réunis, les limiers de la police judiciaire sont intervenus et ont procédé à son arrestation à proximité du logement.
La suite des opérations a donné lieu à une perquisition de l’appartement loué par le suspect. À l’intérieur, les enquêteurs ont découvert la présence d’une jeune femme ainsi que plusieurs objets susceptibles d’intéresser l’enquête. Parmi les éléments saisis figuraient notamment une fausse paire de menottes et un pistolet en plastique. Si ces objets ne constituent pas en eux-mêmes des preuves d’activités criminelles, leur présence a retenu l’attention des enquêteurs dans la mesure où ils pouvaient contribuer à entretenir l’image d’autorité que l’homme cherchait à projeter auprès de son entourage et de ses éventuelles victimes. Les investigations ont également révélé que le suspect ne se contentait pas d’une seule identité professionnelle fictive. Selon les témoignages recueillis auprès de ses victimes, il adaptait son discours en fonction de ses interlocuteurs. À certains, il affirmait être officier de police au sein de la Brigade nationale de la police judiciaire. À d’autres, il prétendait appartenir à la Direction générale de la surveillance du territoire. Cette multiplicité de versions a constitué l’un des principaux moyens utilisés pour impressionner ses interlocuteurs et renforcer son emprise sur eux. Au fil des vérifications, les enquêteurs ont découvert que l’homme n’était pas inconnu des services de justice. Les recherches effectuées dans les fichiers ont mis en évidence des antécédents judiciaires liés à des affaires d’escroquerie.
Placée sous la supervision du procureur du Roi près le tribunal du première instance à Tanger, l’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des personnes ayant pu être victimes de ses agissements et de déterminer l’étendue exacte des faits qui lui sont reprochés.










