Témara : Deux sœurs accusées de traite d’êtres humains

Témara : Deux  sœurs accusées  de traite d’êtres humains

Elle avait vingt-huit ans lorsqu’elle a rencontré, par un pur hasard, à Témara, une jeune femme, la trentaine à peu près. Une conversation s’engage entre elles.

Et la première jeune femme exprime à la seconde son rêve d’émigrer vers n’importe quel pays où elle peut gagner dignement sa vie et subvenir aux besoins de sa famille. L’autre femme saute sur l’occasion. Elle lui propose tout de suite de l’accompagner en Turquie. Ayant une sœur aînée qui y est installée depuis belle lurette, elle lui assure qu’elle sera bien accueillie. Elle lui promet que sa sœur lui trouvera un emploi avec un contrat de travail en bonne et due forme.

Ce n’est pas tout. Elle pourrait lui trouver un mari très riche originaire d’un pays du Golfe. Une proposition alléchante que la jeune femme considère comme un cadeau du ciel et qu’elle accepte sans la moindre hésitation. Pleine de joie, elle se démène pour avoir l’argent du voyage et ne tarde pas à se retrouver à bord de l’avion à destination de la Turquie, en compagnie de la jeune femme. Une fois arrivées, elle est chaleureusement accueillie comme lui avait promis la trentenaire, elle n’en croit pas ses yeux. La femme lui assure à son tour qu’elle va travailler dignement contre un salaire convenable et va se marier avec un homme très riche.

Quelques jours plus tard, un homme originaire d’un pays du Golfe, qui s’est fait passer pour un homme d’affaires, la demande en mariage. Une petite fête est célébrée entre elles et la relation entre elle et l’homme commence sous le même toit. Un mois, deux et trois qu’ils passent ensemble. Un matin, l’homme sort sans plus donner signe de vie. Où est-il allé ? Plusieurs hypothèses passent par sa tête. Au lieu de se torturer les méninges, elle se rend chez les deux sœurs et leur demande explication sur ce qui lui est arrivé et sur le mari qui s’est évaporé. Mais en vain. Leur réponse est sans appel : «Nous n’avons pas de nouvelles concernant ton mari». Ne sachant à quel saint se vouer, elle se débrouille comme elle peut pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa famille. Il fallait attendre quatre ans pour qu’elle rejoigne, dernièrement, sa famille, à Témara. Mais elle n’oublie pas sa souffrance et ne pardonne pas aux deux sœurs qui l’ont jetée dans ce gouffre. C’est pourquoi elle décide de porter plainte contre elles. Deux notes de recherche sont diffusées par la police de Skhirat-Témara. Et dès qu’elles descendent, il y a une dizaine de jours, de l’avion, elles sont arrêtées.
Soumises aux interrogatoires, les deux sœurs avouent avoir effectivement aidé la jeune femme à aller en Turquie et à se marier avec un homme riche qui a disparu par la suite. Elles affirment que la plaignante avait accompagné son mari sans qu’elles sachent leur adresse. Les deux sœurs montrent aux policiers des photos de la célébration de la nuit de noces de la plaignante et de l’homme d’affaires. A la question de savoir si elle était effectivement mariée avec le supposé homme d’affaires, la plaignante a répondu qu’elle n’a jamais vu l’acte de mariage et que l’homme qui a prétendu l’avoir épousée lui a expliqué que l’acte était encore chez les adouls. Quant aux deux sœurs, elles précisent aux enquêteurs qu’elles n’ont pas rencontré cet homme depuis la nuit de noces, il y a quatre ans, tout en ajoutant qu’il ne leur a versé aucun sou. Car, elles ne sont pas des proxénètes, ont-elles conclu leurs déclarations devant la police qui les a traduites, en état d’arrestation, devant le parquet général près la Cour d’appel de Rabat poursuivies pour traite d’êtres humains. Seulement, elles ont été relâchées par le juge d’instruction qui a décidé de les poursuivre en état de liberté provisoire. Mais, l’enquête est toujours en cours pour savoir s’il y a d’autres victimes et si les deux sœurs empochaient de l’argent contre de faux mariages.

 

 

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