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Tué pour une cigarette

Nous sommes à la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience de la chambre criminelle était archicomble. Au box des accusés, Abdellatif, âgé de trente-six ans, célibataire et repris de justice. À son dix-huitième printemps, il a purgé une première peine d’emprisonnement de huit mois fermes pour trafic de drogue. Car, dès qu’il a abandonné ses études, il a commencé à entretenir des relations avec des dealers qui lui vendaient sa dose quotidienne de haschich. De la consommation, il est devenu dealer.
Quant à la deuxième fois, il a été interpellé pour agression à main armée, trafic de drogue et ivresse. Deux délits qui lui avaient coûté une année de prison ferme. Lors de sa troisième arrestation, il a purgé une peine d’emprisonnement de trois ans de prison ferme pour tentative de viol et ivresse. Cependant, elle n’était pas sa dernière peine d’emprisonnement. Puisqu’il a commis, une autre fois, un crime qui lui coûtera une lourde peine.«Mais, je n’avais pas l’intention de le tuer», a-t-il affirmé devant les juges. En fait, il s’agit de la phrase prononcée souvent par les mis en cause impliqués dans les affaires de meurtre. Ils nient souvent avoir l’intention de tuer leur victime et qu’ils voulaient uniquement la maltraiter. Avec des couteaux ? Bizarre. «Nous étions tous les deux en état d’ivresse», a-t-il précisé à la Cour.
Selon le dossier de l’affaire, ils s’enivraient quand la victime, Saïd, a demandé une cigarette à Abdellatif. Celui-ci s’est abstenu de la lui donner. En colère, Saïd a commencé à l’injurier. Heureusement, un jeune homme qui passait près d’eux est intervenu pour les calmer. Une fois qu’il est parti, Saïd a injurié Abdellatif. Celui-ci a gardé le silence. Pourquoi ? Parce que Saïd est plus fort que lui.
«Si tu ne veux pas te calmer, je vais partir», lui a dit Abdellatif. Saïd s’est mis en colère. Il s’est avancé vers Abdellatif et lui a donné un coup de poing. Abdellatif est tombé au point que sa tête a saigné.
En se relevant, Abdellatif a disparu pour quelques heures, le temps d’aller aux Urgences de l’hôpital Ibn Rochd pour se soigner. Après quoi, il est retourné chez lui pour saisir un couteau. Et il est sorti à la recherche de Saïd. Mais, celui-ci a déjà quitté la ruelle où ils s’enivraient tous les deux. Et il s’est lancé à sa recherche dans les environs. Vers 23 h, il l’a retrouvé juste au seuil de sa maison. Rapidement, il l’a surpris par un coup à la poitrine. Et un deuxième au niveau du bras gauche. Aussitôt, Saïd a rendu l’âme. Un acte criminel qui lui a coûté vingt ans de réclusion criminelle.

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