Vengeance
Ce fait divers, aussi glaçant que révélateur, rappelle comment un différend financier mal réglé peut, dans certains cas extrêmes, dégénérer en tragédie irréversible (Cf.notre édition du 14 juillet 2026).
Un entrepreneur quinquagénaire menait une vie tranquille à Marrakech, sans avoir le moindre doute qu’un ancien différend commercial allait bientôt lui coûter la vie. Originaire de Chemmaia dans la province de Youssoufia, il avait bâti sa vie dans le quartier Sidi Mbarek, à Marrakech, où rien ne laissait présager le drame qui se préparait dans l’ombre.
Tout a commencé bien avant ce funeste mardi 7 juillet par des tensions financières avec un ancien associé. Un partenariat d’affaires, autrefois prometteur, a mal tourné, laissant derrière lui des rancunes tenaces et des comptes non soldés. C’est cette rancœur, disent les enquêteurs du service préfectoral de la police judiciaire de la cité ocre, qui a poussé l’ancien partenaire à orchestrer une vengeance macabre.
Selon les éléments recueillis par la police judiciaire, l’homme a recruté deux exécutants, ayant des antécédents judiciaires, en échange d’une rémunération. Leur mission était de s’en prendre physiquement à la victime au moyen d’un produit chimique. Pendant plusieurs jours, les deux hommes ont épié les habitudes de leur cible, attendant le moment propice pour agir.
Ce moment est arrivé, le matin du mardi 7 juillet, dans le garage même du domicile de la victime. Profitant de l’effet de surprise, l’un des agresseurs a aspergé le corps de l’entrepreneur d’un liquide corrosif d’une extrême violence, vraisemblablement un mélange à base d’acide chlorhydrique. Les deux hommes ont aussitôt pris la fuite à moto, disparaissant dans les rues de Marrakech. Les conséquences ont été immédiates et terribles. Le visage de la victime a été gravement défiguré, tandis que la substance s’est infiltrée profondément dans son organisme, causant des brûlures internes sévères et endommageant ses poumons et son foie.
Alertés, les éléments de la police judiciaire se sont dépêchés sur la scène de crime et ont ouvert une enquête sous la supervision du parquet général. Les investigateurs, déterminés à faire toute la lumière sur ce crime d’une rare violence, ont déployé des moyens techniques importants pour traquer les responsables.
Quant à la victime, elle a été évacuée d’urgence vers le Centre hospitalier universitaire. Après quatre jours passés entre la vie et la mort, la victime a succombé à ses blessures, samedi 11 juillet, malgré la mobilisation des équipes médicales.
L’annonce du décès a intensifié les investigations policières. Et les premières arrestations n’ont pas tardé. Lundi 13 juillet, l’auteur de l’agression et son complice, celui qui a assuré leur fuite à moto, ont été arrêtés à Marrakech. Restait à mettre la main sur le commanditaire présumé, celui que les enquêteurs considéraient comme le véritable cerveau de l’opération. L’homme, ayant sans doute compris que l’étau se resserrait, avait quitté précipitamment Marrakech pour se réfugier à Martil, loin des regards. Mais sa cavale a été de courte durée. Grâce à une coordination étroite entre la police judiciaire de Marrakech, la direction générale de la surveillance du territoire et le commissariat de Martil, il a été localisé et interpellé jeudi matin, 16 juillet, ce qu’a mis fin à une traque de plusieurs jours.
Au total, trois suspects âgés de trente-trois à quarante-six ans se sont ainsi retrouvés entre les mains de la justice, chacun ayant joué un rôle distinct dans ce sombre engrenage : le commanditaire, l’exécutant et le complice. Placés en garde à vue, ils ont dû répondre de leurs actes devant le parquet général près la Cour d’appel de Marrakech.










