Faits-Divers

Une querelle de football entre adolescents vire au meurtre

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Drame familial
Dans un douar de la commune de Lalla Mimouna, dans la province de Kénitra, une dispute née lors d’un match de football entre deux adolescents dégénère en une tragédie. Un fils a voulu se venger après l’arrestation de son père pour avoir agressé un mineur.

L’histoire avait commencé sur un simple terrain de football, un après-midi du mercredi 8 juillet, dans un douar de la commune rurale Lalla Mimouna relevant de la province de Kénitra. Deux garçons, l’un âgé de quatorze ans, l’autre de quinze, s’affrontaient au cours d’une partie disputée entre gamins du douar. Un geste de trop, une faute contestée, un ton qui monte et voilà qu’une dispute d’enfants génére l’irréparable.
En quelques minutes, le différend, resté d’abord confiné au terrain vague, a fini par remonter jusqu’aux oreilles des parents.
Excédé, le père du mineur de quinze ans, décide de prendre les choses en main avant de s’en prendre physiquement à l’autre enfant, le blessant à la tête. La famille de la victime, indignée, ne l’a pas entendu de cette oreille. Suite à une plainte déposée, les éléments de la gendarmerie royale ont arrêté le père pour le placer en garde à vue. La décision du procureur du Roi est tombée par la suite: le père est maintenu en détention préventive.
L’histoire aurait s’arrêter là. Un père fautif, une justice qui suit son cours et une blessure qui guérit. Mais dans la tête du fils de quinze ans, quelque chose s’est figé. Il a vu son père derrière les barreaux et pense savoir qui en est responsable.
Un sentiment de vengeance s’est installé, sourd, tenace, jusqu’à devenir obsession.
Déjà à couteaux tirés, les deux familles ont tenté une médiation en proposant un désistement, comme une façon de tourner la page avant que l’engrenage ne s’emballe. Mais les parents de l’enfant blessé ont refusé catégoriquement de renoncer à leur plainte devant le procureur du Roi. Le refus est perçu, du côté de l’adolescent, comme une nouvelle humiliation, une preuve que rien ne sera oublié, que son père paiera jusqu’au bout.
Le vendredi 10 juillet, le drame a eu lieu. L’adolescent du quinze ans a retrouvé celui qu’il a tenu pour responsable du malheur de sa famille. Une nouvelle altercation a éclaté, mais cette fois, il n’y a pas eu de mots mais seulement des coups. L’adolescent a frappé l’enfant à la tête, exactement à l’endroit où son propre père l’avait déjà blessé quelques jours plus tôt. Le geste, d’une grave violence pour un enfant de cet âge a scellé le destin de ce dernier.
Évacué en urgence vers l’hôpital local de Souk El Arbaa du Gharb, l’adolescent du quatorze ans n’a pas survécu au cours du trajet. Il a rendu son âme avant même d’être pris en charge. Son cadavre a été ensuite acheminé vers la morgue, où l’autopsie a révélé qu’une hémorragie est à l’origine du décès.
Face aux enquêteurs de la brigade des mineurs, l’adolescent n’a rien nié. Il a raconté, sans détour, l’enchaînement des faits : la dispute initiale, l’arrestation de son père, le refus de conciliation, et enfin son geste de représailles.
Depuis lundi 13 juillet, l’adolescent meurtrier est maintenu à l’établissement de rééducation et de réforme. Quant à son père, il a été traduit devant la chambre correctionnelle près le tribunal du première instance Souk El Arbaa du Gharb.

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