Agression sexuelle
Entre la parole d’une victime de viol, les preuves médico-légales et les aveux partiels de l’agresseur, le récit d’une nuit dramatique met en lumière le chemin judiciaire parcouru pour établir la vérité et sanctionner un crime commis dans l’ombre.
La nuit est lourde et silencieuse sur la ville endormie, El Jadida. Dans une rue calme, une jeune femme mariée est tirée du sommeil par un grattement suspect, peu après minuit. Le cœur battant, elle va vérifier et découvre, glacée d’effroi, une silhouette masculine postée devant son seuil. L’homme, un voisin à la réputation déjà ternie, exhale une odeur d’alcool et est visiblement animé de mauvaises intentions. Sans un mot, il tente de l’entraîner. Elle résiste, lui rappelle qu’elle est mère de famille… Mais sa voix, pleine de panique, se perd dans le noir. Sa protestation déclenche une violence brutale : des mains se referment autour de sa gorge, étouffant ses cris. Impuissante, elle est traînée de force vers une maison voisine, inachevée et sombre, où l’agresseur assouvit sa pulsion. Au petit matin, brisée mais déterminée, elle se présente au commissariat de police. Son récit, d’abord haché par les sanglots, devient plus ferme. Le parquet ordonne un examen médical. Le médecin légiste constate les marques de l’agression physique, des ecchymoses et la trace des doigts sur son cou, et procède à des prélèvements biologiques, envoyés au laboratoire pour une analyse génétique décisive.
Pendant ce temps, loin de là, l’agresseur qui avait pris la fuite a été localisé par la police à Tanger puisqu’une note de recherche à l’échelle nationale avait été lancée contre lui. Arrêté, il a été ramené à El Jadida pour être remis à la police judiciaire de la ville. Face aux enquêteurs, son attitude a oscillé entre la justification trouble et l’aveu partiel. Il a évoqué l’ivresse et un désir incontrôlable comme déclencheurs pour aller frapper à la porte de sa victime qu’il a traitée de prostituée qui vend son corps contre l’argent. Lorsqu’elle a refusé de l’accompagner, il a fini par la traîner jusqu’à la maison vide qui est la propriété de sa sœur pour l’obliger à coucher avec lui.
La preuve scientifique est venue confirmer l’indicible. Le rapport du laboratoire a révélé la présence d’un mélange d’ADN sur les prélèvements : celui de la victime et celui d’un homme.
Devant les trois magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida les débats ont mis en lumière la version cohérente de la plaignante, étayée par la médecine et la science, face aux contradictions de l’accusé. Après le réquisitoire du représentant du ministère public, la plaidoirie de l’avocat de la défense et les délibérations, la Cour a rendu son verdict : sept ans de réclusion criminelle.










