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Abdelilah Benkirane : «Il serait utile pour le PJD et l’USFP de mener, ensemble, le combat électoral»

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ALM : Le PJD va-t-il se présenter seul aux élections communales du 12 juin 2009 ?
Abdelilah Benkirane : Le Parti de la justice et du développement n’a pas peur de la solitude. S’il arrive à notre parti de se présenter seul à l’échéance de 2009, nous allons être au rendez-vous. Cela dit, nous restons ouverts à toutes les propositions. Nous attendons toujours un signal, ou une suggestion, pour conclure une alliance en perspective des prochaines élections communales.

Vous avez personnellement exprimé votre disposition à une alliance avec l’USFP. Avez-vous changé votre position sur cette question ?
Le PJD n’a à aucun moment changé d’avis sur cette question. Au contraire, notre disposition à une alliance avec l’USFP ne fait que se renforcer. Maintenant que les élections communales du 12 juin approchent, la nécessité se fait jour de conclure cette alliance. A ceux qui mettent en doute ce projet d’alliance, en arguant de la divergence des plates-formes d’idées des deux partis, je réponds qu’il ne s’agit pas dans le cas qui nous concerne d’une alliance idéologique. Le PJD et l’USFP sont unis par le même combat pour la transparence, la lutte contre la corruption, l’assainissement et la moralisation de la vie politique. Il serait, donc, utile pour les deux partis de mener ce combat ensemble. Mais voilà, après le huitième congrès de l’USFP, je n’ai perçu de la part des dirigeants socialistes aucun signal allant dans le sens de cette alliance. En clair, j’ai constaté un certain refroidissement de leur part. Que s’est-il alors passé ? Je n’en sais rien, mais une chose reste certaine. Le PJD tendra toujours la main à l’USFP, du moins en ce qui concerne la gestion des affaires communales.

Votre position sur la présence politique des femmes a été critiquée. Pourquoi appelez-vous à la suppression du système du quota ?
Je précise que la participation politique des femmes doit se faire sur la base de la compétence et du mérite. On ne vote pas pour quelqu’un parce qu’il est d’un sexe déterminé, mais parce qu’il a un projet de société ou un programme d’idées. La candidature, ou l’élection, d’une personne ne doit pas se faire sur la base de l’appartenance à un quelconque sexe plutôt qu’à un autre. Le système de la parité n’est pas raisonnable. En ce qui concerne le relèvement du taux de représentativité féminine aux élections, j’affirme que le PJD a joué un rôle positif sur cette question. Nous voulions même que ce taux dépasse le taux de 12%, qui a été fixé dernièrement. Le PJD a déjà apporté la preuve de cette ouverture sur le monde féminin, et le nombre des députées PJD est là pour confirmer ce que je dis.

Lors de la discussion du Code électoral, le PJD a proposé l’élimination de la carte électorale en estimant que seule la carte d’identité nationale suffit pour le vote. Qu’est-ce qui justifie ce choix  ?
Je m’interroge, avec étonnement, sur l’utilité aujourd’hui de la carte électorale. L’imposition de cette carte par le passé s’expliquait par des raisons sécuritaires, ni plus ni moins. Mais la donne a changé aujourd’hui. Il suffit à chaque citoyen de produire sa carte d’identité nationale pour pouvoir voter. J’ai personnellement déployé de grands efforts pour convaincre le ministre de l’Intérieur du bien-fondé de cette proposition, et je précise que le PJD n’est pas le seul à défendre la pertinence de cette proposition. Bien des partis politiques, dont l’USFP et le parti de l’Istiqlal, estiment que l’approche sécuritaire, motivée par le souci de tout contrôler, a fait son temps. Et puis, l’adoption de la CIN comme document de base lors de l’opération de vote permettra de barrer la route devant les marchandages sur les voix des électeurs. Chacun sait, d’ailleurs, que les listes électorales font l’objet de trucage, voire de falsification. L’expérience électorale précédente a montré ses limites, et ses travers. Cela suffit de mentir aux citoyens, qui ne font plus confiance dans l’opération électorale. Le faible taux de participation enregistré lors du scrutin de 2007 est là pour le confirmer. Nous considérons que l’élimination des cartes d’électeurs sera un pas important pour la réhabilitation de la confiance en politique. Tout citoyen disposant de sa carte d’identité nationale doit être inscrit d’office.

Et que pourrait-on faire pour les citoyens ne disposant pas de carte d’identité nationale  ? Ne vont-ils pas être privés de leur droit au vote ?
Il y a plusieurs voies pour assurer à cette catégorie de citoyens le droit de participer à l’opération de vote. En cas d’absence de carte d’identité nationale, le citoyen peut produire par exemple son cahier d’état civil. Et puis, le ministère de l’Intérieur, qui se lance dans une vaste opération de rénovation de l’état civil, dispose d’un système informatique des plus sophistiqués. Il a donc les moyens de combler toutes sortes de lacunes.

Au-delà de cette question, le PJD propose le changement du mode électoral du président du Conseil communal. Pourquoi optez-vous pour la voie du vote direct  ?
Le vote direct est le meilleur gage de transparence. Il évitera, du moins, le recours aux anciennes méthodes, notamment l’achat des voix. Certains candidats n’hésitaient pas à intéresser, d’une manière ou d’une autre, les électeurs, ce qui a porté un énorme préjudice à l’image du pays à l’étranger.