Couverture

Abdelilah Benkirane : «Le PJD est mieux perçu politiquement»


ALM : En comparaison avec vos précédentes participations aux communales, pourquoi vous avez opté, cette fois-ci, pour une représentativité substantielle ?
Abdelilah Benkirane : Le PJD est convaincu que son implication dans la gestion de la chose locale est importante pour le pays et pour lui-même. D’autant plus que nous sommes un parti jeune en mesure d’apporter des réponses aux attentes des citoyens. Depuis notre première participation aux élections, lors des législatives de 1997 avec une couverture en circonscription qui n’a pas dépassé les 50%, on est en train de rationnaliser notre participation. Le plus important est d’être crédible et de présenter des femmes et des hommes qui peuvent apporter un plus à leur pays. En 2002, on a pu dépasser les 2/3 de couverture en termes de participation. Cela n’a pas été de notre propre gré. Il y avait des échéances en jeu et il y avait le doute exprimé par le ministère de l’Intérieur à propos de nos convictions politiques. En 2003, cela n’a pas été différent. Pour les communales prochaines, les choses ont évolué dans le bon sens et nous comptons couvrir 40% de circonscriptions en candidats. Nous serons présents dans toutes les villes et nous couvrons 50% des communes rurales.

Qu’est-ce qui a changé pour que vous révisiez à la hausse votre participation aux communales ?
Beaucoup de choses ont changé. D’abord on a voulu nous impliquer dans les actions terroristes du 16 mai. Un dessein diabolique pour faire tomber le pays dans ses anciens cauchemars et nous faire engloutir avec. Heureusement, cette tentative a échoué devant la force de nos arguments et la réalité politique. Mais en son temps, le ministère de l’Intérieur nous avait imposé de façon draconienne un quota, et là, le PJD a démontré que l’intérêt du pays devance toutes les autres considérations politiciennes. En plus, c’est toute la situation politique qui a migré dans le bon sens. Nous pensons que la réalité politique s’est améliorée et notre parti avec. Le Maroc a changé et avec lui paysage et acteurs politiques. De ce fait, le PJD est mieux perçu politiquement, et c’est pour ces raisons que notre participation aux prochaines communales se déroule dans des conditions normales en corrélation avec notre présence effective sur le terrain.

Quels sont vos enjeux ?
Ces élections sont très importantes, car nous sommes convaincus que la politique qui n’a pas bien fonctionné durant 50 ans d’indépendance a complètement faussé le jeu électoral. On faisait de la politique soit pour déstabiliser ou affaiblir le régime et de l’autre côté on faisait tout pour contrer les « agitateurs » au lieu de s’occuper du développement réel des citoyens. C’était plus une querelle d’usure qu’une action politique en mesure d’enraciner les traditions démocratiques. Un duel à distance au détriment de beaucoup de choses. Cela s’est répercuté négativement sur l’implication des citoyens.

Quelle est votre approche en cas de réussite aux communales ?
Les ressources humaines sont la source de tout développement. C’est le travail quotidien à côté des citoyens qui pourra redynamiser les communes. Pour concrétiser cela, nous avons choisi des personnes capables d’apporter un plus organisationnel et rationnel pour ce qui est de la protection des intérêts du citoyen et des biens de la commune. L’éthique et la déontologie sont des convictions à cultiver tout comme la compétence requise. D’autant plus qu’il faut ouvrir les voies à des femmes et à des jeunes pour qu’ils deviennent forgerons en forgeant. C’est un métier qui s’apprend en exerçant et c’est ce que nous visons par tout un programme de formation spécifique et de contrôle interne.