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Abdellah Lamani : « Ce n’est pas fini »

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ALM : Quelle impression vous a fait l’annonce de la libération des 404 prisonniers marocains détenus dans les camps de Tindouf?
Abdellah Lamani : Il va sans dire que c’est une nouvelle qui m’a fait énormément plaisir. Ces prisonniers croupissaient depuis presque 20 ans dans les camps du polisario sous étroite surveillance de l’armée et des services secrets algériens. J’étais en contact régulier avec eux, quelques heures seulement avant leur libération. Ils vivaient dans des conditions extrêmement difficiles.
En fait, tous les prisonniers marocains n’oublieront jamais l’horreur de la détention dans les camps du polisario à Tindouf. Moi-même, cela fait deux ans que j’ai été relâché et je garde toujours des séquelles psychiques, décidément indélébiles. Aussi, à cette occasion, j’espère que tous les anciens prisonniers à Tindouf, qu’ils soient civils ou militaires, bénéficient d’une meilleure sollicitude de la part des autorités marocaines.

Pourquoi, selon vous, les Algériens et les polisariens ont-ils décidé de libérer ces détenus?
C’est certainement grâce à des pressions américaines que les choses se sont accélérées. Il y a deux mois environ, six officiers, anciens détenus à Tindouf, se sont rendus aux Etats-Unis. Ils y ont rencontré plusieurs responsables américains parmi lesquels un congresman, lui-aussi un ancien détenu au Viêt-Nam. Ce parlementaire a été sensible aux récits des officiers marocains. Il a, juste après, envoyé une lettre très virulente, pour ne pas dire menaçante, aux dirigeants du polisario. Deux mois plus tard, nous avons appris la libération des 404 prisonniers marocains.

Ces derniers sont-ils les ultimes prisonniers marocains encore détenus sur le sol algérien?
Il y a encore plusieurs autres Marocains encore en détention. Mais ceux-là ne figurent pas dans les listes du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Il s’agit de militaires et de civils dont une trentaine était détenue dans le centre Arrachid. J’ignore leur nombre exact. Mais je suis sûr qu’ils sont plusieurs dizaines.
Aussi, il y a des Marocains morts sous la torture lors de leur détention. Nous en avons enterré des dizaines. J’avais proposé à une délégation américaine venue au Maroc de constituer une commission d’enquête pour identifier les endroits où sont enterrés ces Marocains. Je suis prêt à me rendre, encore une fois à Tindouf, pour aider cette commission d’enquête internationale. Ce n’est donc pas fini. Les autorités marocaines doivent continuer à dénoncer les atrocités commises à Tindouf par la sécurité militaire algérienne et les séparatistes du polisario.

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