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Cadrage : Choisir son modèle

Les législatives du 7 septembre 2007 seront certainement différentes de toutes les élections que le Royaume a connues depuis 1962.
D’abord, parce que, pour la première fois, les préoccupations classiques quant à l’intervention de l’administration du territoire dans les élections ne sont presque plus à l’ordre du jour. Il s’agit-là d’un problème qui a été réglé en 2002. Les dernières tentatives individuelles de la part de certains agents d’autorité de perpétuer la tradition d’intervenir sur les résultats ou de favoriser un candidat par rapport à un autre ont été fermement sanctionnées, ce qui a été un message assez clair.
Autre nouveauté des prochaines élections, le débat sera plus riche du fait que certains partis politiques ont fait l’effort de présenter des programmes chiffrés qu’ils devront exposer, défendre et expliquer à l’électorat. Certes, il y a des programmes qui sont sérieux, d’autres le sont moins, et certains frôlent le ridicule. Mais, des documents écrits qui peuvent servir de base au dialogue ont été mis sur la table et feront certainement l’objet d’analyses et de contre-analyses.
Troisièmement, il y a une donne très importante qui est de nature à donner une touche particulière aux élections de septembre. Entre 2002 et 2003, nous avons connu beaucoup d’événements qui sont de nature à sensibiliser toute une tranche de la société marocaine, à savoir les jeunes, quant à l’importance et à l’influence que leur vote peut avoir sur leur avenir. Nous avons vu comment de grands chantiers peuvent transformer les conditions de vie dans une région comme c’est le cas pour Tanger-Med ou Saïdia, par exemple. Et on a connu aussi des attentats terroristes qui ont eu un grand impact sur les jeunes des quartiers populaires, dont la plupart sont aujourd’hui plus conscients sur la nécessité de faire un choix de société et d’agir en faveur de ce choix.
Sur la place publique, il est aujourd’hui exposé plusieurs projets de société, déclinés à travers des programmes. En choisir un n’est plus uniquement un droit. Il s’agit d’une obligation. Si l’on ne veut pas vivre dans un modèle de société qui nous soit imposé par les autres.