Il est une image que l’on ne voit jamais chez nous, c’est celle d’une cérémonie d’hommage à des gens qui sont morts dans l’exercice de leur fonction. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela est indigne d’une nation dont des milliers de fils se sacrifient pour lui garantir paix, sécurité et inquiétude. Ailleurs les chaînes de télévision, les radios et tous les autres médias s’empressent de louer le courage et le mérite de tous ceux qui perdent la vie au service de leurs semblables. Qu’ils soient sapeurs-pompiers, militaires, agents de police ou simples citoyens, l’hommage leur est rendu non seulement par les officiels mais aussi par toute la population. Tout le monde s’est mobilisé aux Etat-Unis pour réconforter les familles et les collègues des sapeurs pompiers qui ont péri dans l’attentat du 11 septembre. Les morts comme les vivants sont devenus des héros que tout le monde adule, plébiscite et rehausse au panthéon de la gloire.
En France et dans toute l’Europe, il suffit qu’un agent de police soit blessé dans une intervention pour que tout le monde vante ses mérites et qu’un ministre aille lui rendre visite à l’hôpital. C’est curieux, c’est même doublement curieux dans un pays musulman comme le nôtre, que l’on oublie les braves et que l’on glorifie des gens tout à fait ordinaires, voire très ordinaires.
Cette attitude ingrate et immonde ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier mais elle remonte à un certain temps où l’on a perdu beaucoup de nos valeurs humaines. La semaine dernière notre pays a été secoué par de terribles inondations, un incendie gigantesque de la raffinerie la SAMIR et l’écrasement d’un hélicoptère où ont péri huit militaires. Depuis on a parlé de tout : de l’impuissance de l’Etat, de la fragilité des infrastructures, de la négligence de la direction de la SAMIR et des collectivités locales. Mais personne n’a évoqué les morts, ni ceux qui ont souffert le martyre parfois pour sauver d’autres vies humaines comme les sapeurs pompiers présents à Mohammedia.
Ceux –là mêmes qui luttaient contre le feu alors qu’ils étaient sous l’eau. Personne n’a évoqué des centaines de militaires et de policiers mobilisés pour la circonstance et qui en plein ramadan n’ont pas goûté à la nourriture pendant toute cette terrible nuit et le reste de la journée. Même l’écrasement d’un hélicoptère qui transportait des militaires en mission n’a ému personne et a été évoqué comme si ce tragique accident se passait ailleurs. C’est terrible, mais on est devenu si insensible et si inhumain pour que les politiques, Etat et partis, et la société civile, ignorent même ceux qui défendent notre intégrité territoriale, physique et nos biens personnels.
Il est insensé que l’Etat ait oublié, pour des raisons de politiques politiciennes, ses vaillants fils qui étaient sur le front au Sahara et qui ont été enprisonnés par les bandes à la solde d’Alger. Il est encore plus aberrant que ceux parmi eux qui ont recouvré la liberté, aient regagné la nation dans l’anonymat total pour ne retrouver que l’ingratitude et la misère de leurs familles.









