Couverture

Cadrage : Jeu de massacre

De toutes parts, les structures tant nationales que régionales et locales de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) bruissent de rumeurs, de polémiques, de critiques et de haussements de ton qui se traduisent par des critiques acerbes et des menaces de ruptures parmi les militants.
Il est vrai qu’en période électorale, notamment avec un nouveau mode de scrutin et un nouveau découpage électoral qui limite le nombre de sièges à briguer et donne plus d’autorité et de force de décision aux instances nationales du parti, les individualités et les « stars » ne se retrouvent pas facilement et les places en position éligible sont trop peu nombreuses par rapport aux convoitises dont elles sont l’objet.
Mais concernant ce grand parti national qui joue, depuis plus de quatre ans, le rôle de locomotive pour un gouvernement de transition historique dans le pays, les choses se présentent sous les allures d’un vaste jeu de massacre qui ressemble à s’y méprendre à la parodie du « qui perd gagne », donnant l’impression d’une structure qui oeuvre, consciencieusement et méthodiquement, à se saborder en mobilisant pour cela le maximum de son potentiel et de l’énergie de ses militants. De véritables guerres de tranchées empoisonnent les relations au sein de la famille ittihadie, sans que l’observateur extérieur, même le mieux disposé à l’égard de cette formation, ne comprenne le bien-fondé de ces batailles qui lui semblent plutôt stériles, dans la mesure où elles ne contribuent ni au rajeunissement de la classe politique, ni au renforcement de l’encadrement politique des citoyens, ni à la crétinisation nécessaire et urgente de l’action partisane et politique en général.
Or, compte tenu de la place qu’occupe l’USFP dans le paysage politique national, eu égard au rôle qu’elle assume dans la transition démocratique en cours, on se demande légitimement si ses responsables et ses militants sont réellement conscients de l’importance de leurs responsabilités historiques, non pas tellement vis-à-vis de leurs propres troupes – sachant que ce volet-là regarde en priorité le parti lui-même et concerne le degré de démocratie interne qui y prévaut – mais envers l’ensemble de la nation. Car l’USFP, dans le paysage politique marocain, est plus que jamais tenu d’honorer ses engagements en tant que parti majeur qui a cumulé en plus de son patrimoine historique militant, une expérience du pouvoir et de la gestion de la chose publique précieuse au moment même où le pays dans son ensemble opère une mutation qualitative sur la voie de l’édification démocratique et de l’arrimage à la dynamique du développement et du rayonnement sur les plans régional et international. Dans ce contexte, toute fragilisation d’un parti comme l’USFP, tout dysfonctionnement interne et manque de rigueur dans le choix de ses porte-fanions dans les prochaines élections et tout laxisme vis-à-vis des transfuges politiques discrédités et en mal de blanchiment moral se traduira par une plus grande désaffection des citoyens envers l’action partisane et fera, en définitive, le lit des idéologies obscurantistes et démagogues.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux