Au début, c’était la descente dans les plages. Les prêches s’entendaient à mille miles nautiques. Maintenant, après l’interdiction des campings islamiques et après toutes les péripéties d’une normalisation qui a abouti à la participation du PJD aux élections et son score pour le moins surprenant lors des législatives du 27 septembre, nous voilà en train de vivre un début du commencement du face-à-face intégriste-démocrate, intégriste-moderniste…
Nous voilà dans la direction d’affrontements qui ne disent certes pas encore leur nom, mais qui, au vu des incidents répétés, dans plusieurs villes du Maroc, ne laissent point de doute quant au véritable visage de l’Islam politique qui n’a rien avec l’Islam en tant que religion de tolérance et de dialogue. L’Islam politique tel qu’il est conçu par des politiques en mal de cause est la négation même de la tolérance. Idée forte qui a transcendé les temps et fait la force de l’Islam. Quand une femme est agressée en plein boulevard par un nervis de barbu, quand un autre barbu nervis menace de tuer son géniteur de père, tout simplement, pour faire savoir aux voisins du pallier qu’il est capable de tout pour défendre ce qu’il considère la bonne voie, et quand on prêche d’interdire la baignade dans les plages pour cause de vestimentaire incompatible avec la religion, il y a vraiment péril en la demeure. On aurait aimé voir une mobilisation de la société civile pour dire son refus de l’intolérance, son rejet de la négation de l’autre, son engagement pour consolider l’Etat de droit, seul à même de permettre la pérennité de la démocratie, donc de la vie en cité. On aurait aimé voir des associations des droits humains scandalisées par les atteintes à la vie privée telles qu’elles sont commises par des pseudo-religieux qui n’ont de commun avec la religion que les façades. Quant au fond, quant à l’esprit même de l’Islam, cela est une autre paire de manches…
De quel droit un citoyen, aussi intégriste soit-il, peut-il se permettre de se substituer à l’Etat, à ses institutions à la fois législatives et judiciaires pour dicter ce qu’il y a à faire et ce que la règle interdit ? On est face à un dépassement du droit qui interpelle aussi bien les pouvoirs publics que l’ensemble des composantes de la société civile. Les premiers pour dire et imposer le droit. Le droit sans lequel toute la construction démocratique ne peut réussir. Une condition sans laquelle l’anarchie sera la règle et le non-droit la loi.
Les seconds pour jouer pleinement leur rôle de force d’accompagnement de la société dans son évolution, avec leurs idées et propositions. Si aujourd’hui, une fille est agressée par un intégriste, il faut dire que toute la société l’a été. Et toute la démocratie se retrouve affaiblie. Personne n’a le droit ,de par la loi, d’encourager les mauvaises moeurs, les libertés sexuelles ou le changement de religion. Le pays a ses normes, ses fondements et ses lois. Aucun ne peut toucher à l’un de ces fondements sans se mettre hors la loi. Et là, les intégristes, qui s’attaquent aux femmes, l’ont bien montré.
Une question qui tombe sous le sens : quelle est la longueur légitime d’une jupe ? Les barbus n’ont pas de réponse puisqu’ils s’attaquent à des femmes avant même de faire le distinguo entre le licite et l’illicite. Ce n’est pas rassurant comme posture.








