Couverture

Cadrage : Le choix des armes

À quelques mois de l’important rendez-vous citoyen qui devra fournir au Maroc les instruments politiques lui permettant de traduire ses ambitions démocratiques sur le plan représentatif institutionnel, les partis politiques se mettent en ordre de bataille.
Pour chaque formation, il s’agit d’abord de compter ses troupes, de mobiliser les sympathies et les alliances autour d’elle, d’affiner un discours de campagne, d’évaluer son poids politique et de faire le point sur ses ressources, à la fois humaines et matérielles. Parce qu’une élection c’est aussi une histoire de sous. Une élection est budgétivore : sans tomber dans les travers bannis de l’achat des voix, on ne pourra pas faire l’économie des frais de déplacement, d’autant plus importants que les circonscriptions sont énormes et leur quadrillage sera coûteux.
Il va falloir aussi financer la campagne en termes de matériel de propagande, de paie des colleurs d’affiches, parfois de figurants pour remplir les salles face aux caméras, ou encore de faire taire telle ou telle ambition chahuteuse.
Cette partie, disons triviale, nécessite aussi des ressources intellectuelles et gestionnaires pour trouver les meilleurs moyens de montrer que les formes sont sauves et que la marge de tripatouillage, dont une certaine dose demeure toujours tolérée et inévitable, reste circonscrite et plus ou moins acceptable. Là aussi, tout excès est par nature condamnable et par conséquent fatal.
Mais, il faut dire que la partie sera très dure. Les nouvelles règles du jeu, le nouveau mode de scrutin, le nouveau découpage électoral, le désengagement politique de l’administration, la désaffection pour l’action partisane, le gigantisme des problèmes économiques et sociaux des citoyens, la perte de repères au niveau mondial, la montée en puissance du discours démagogique et populiste extrémiste. Autant de facteurs qui compliquent davantage l’action des partis politiques ; seuls acteurs réels et légitimes dans la construction d’une pratique démocratique digne de ce nom.
Il demeure cependant impératif de crédibiliser l’action partisane pour qu’elle puisse réellement être éligible à assumer ce noble rôle, encadrer les citoyens et fournir au pays des cadres et des futures élites, crédibles et suffisamment conscientes de leur mission citoyenne, au service d’une démocratie en devenir.
Au-delà des figures obligées inhérentes à une campagne électorale et à la compétition partisane, il est urgent pour tous les acteurs engagés, directement ou indirectement, dans ce processus de veiller à ne pas l’entacher de manoeuvres et de bavures irréparables, tant au niveau du discours qu’en matière d’instruments et de moyens devant leur permettre de défendre leurs positions ou de gagner du terrain sur leurs adversaires.
Dans ce sens, il faudra toujours penser au lendemain du scrutin et de pouvoir se regarder en face, en assumant tous ses actes et toutes ses paroles.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux