La signature de l’accord-cadre entre le gouvernement et l’AMITH arrive à point nommé pour sortir le secteur du textile d’une crise qui ne cesse de l’atomiser. L’accord en lui-même constitue une petite révolution, qui suit celle du tourisme, dans les moeurs économiques de l’Etat, même s’il est signé après de longues années de négociations ardues.
Dans la tourmente de la mondialisation à outrance, les pouvoirs publics se devaient d’accompagner un secteur vital pour l’économie nationale. D’autant plus que cette importante industrie a longtemps subi les coups de boutoir d’une compétitivité internationale atroce et inéquitable. En accordant aux textiliens les moyens nécessaires pour affronter la concurrence mondiale, l’Etat a certes consenti des sacrifices financiers. Mais il n’aura rien perdu face aux retombées de ces mesures bénéfiques pour les industriels et par conséquent pour les pouvoirs publics. Bien au contraire, l’Etat a tout à gagner en remettant sur les rails une locomotive de l’industrie nationale en matière d’exportation, de la valeur ajoutée et de nombre d’emplois qu’elle génère. Ce faisant, il a rendu justice aux professionnels du secteur qui ont montré un courage exceptionnel en maintenant, en plein marasme, leurs activités malgré l’absence de mesures incitatives.
Le ministre de l’Industrie, Mustapha Mansouri, a raison de leur rendre hommage en saluant l’AMITH pour « le travail en profondeur accompli pour l’accompagnement du secteur dans son développement ». Il faut le faire quand on sait que les industriels du textile luttaient contre une concurrence agressive avec des armes inégales face à des opérateurs bénéficiant des avantages multiples de la part des pays asiatiques et de l’Europe de l’Est. Il fallait donc arrêter l’hémorragie de la fermeture des usines en réduisant les coûts de facteurs notamment celui de l’énergie qui taxait énormément leur prix de revient. Mais, outre cette réduction, ce contrat-programme se veut plus ambitieux quand il vise une meilleure attractivité pour les investisseurs et une amélioration de la qualité par la formation des ressources humaines. Mais le point d’orgue de cet accord réside dans la restructuration financière des entreprises que l’Etat appuie par un financement à un taux d’intérêt avantageux de 2 %.
Face aux contraintes de la mondialisation et surtout aux échéances importantes comme celle du démantèlement tarifaire de 2010, la mise à niveau des entreprises de textile s’avère d’une importance cruciale. Il y va de la survie de ce secteur que les professionnels s’attellent dès à présent à une restructuration radicale de leurs entreprises. Non seulement il faut investir dans la technologie et les ressources humaines, mais il faut surtout moderniser la gestion financière et comptable des sociétés pour accompagner le développement technique. L’Etat a fait son devoir, l’AMITH a gagné une bataille. Mais la guerre commerciale n’est pas finie.









