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Cadrage : Un plan de paix aveugle

Le plan de paix que le président Bush a depuis longtemps entonné avec tambours et fanfares a finalement accouché d’une souris piégée. C’est plutôt à un discours d’intentions bienveillantes envers Israel et extrêmement malveillantes envers le peuple palestinien et son président que Bush a consacré son intervention tant attendue. Non seulement le président américain a réitéré, d’une manière absolue, son alignement sur Israël, mais il a même défié le droit international en exigeant le départ de Yasser Arafat.
C’est la condition sine qua non qu’il a posée pour que ce soi-disant plan de paix soit mis à exécution dans trois ans. Encore faut-il préciser que, selon la vision américaine, la création de l’Etat palestinien ne sera que provisoire et cette situation peut donc durer pour un temps indéterminé.
Le sanguinaire Sharon n’aurait jamais rêvé d’un discours américain aussi calqué sur le sien pour ne pas jubiler à satiété. À tel point que son ministre des télécommunications ne s’est pas gêné pour affirmer que le discours de Bush aurait pu être rédigé par un membre du Likoud tellement il est recopié sur leurs idées. Ce qui gène aux entournures dans cette affaire, c’est qu’il existe des pays arabes, comme l’Egypte et la Jordanie, qui accueillent ce énième dérapage américain avec une certaine satisfaction. Comble d’ironie beaucoup de responsables européens tels ceux d’Italie et de Suède, voire de l’Angleterre ont jugé inacceptable, voire à haut risque, la proposition américaine. Tous ont considéré que seul le peuple palestinien est habilité à choisir ses dirigeants y compris le choix de reconduire Yasser Arafat. Ce dernier a d’ailleurs réagi de la même manière en affirmant que seules les élections désigneraient les prochains dirigeants palestiniens.
C’est dire que la voix de la raison prévaut partout dans le monde sauf chez l’administration américaine qui fait fi du droit universel et de la démocratie qu’elle prône pour tenter d’évincer le président de l’autorité palestinien. Mêmes les journaux américains, souvent alliés des Israéliens, ont trouvé à redire dans ce plan de paix aveugle. Finalement le président Bush exige toutes les concessions de la part des palestiniens et n’attend rien des Israéliens dont il cautionne la politique dévastatrice dans les territoires occupés.
Tous les analystes et les observateurs politiques restent sceptiques devant un plan sans schémas, ni date, ni frontières, ni un président Arafat pourtant Prix Nobel de la paix. Tous estiment que ce plan ne sera jamais mis en oeuvre tant qu’il est planifié d’une manière unilatérale par les Américains et qu’il pose des conditions impossibles aux Palestiniens. Les Européens continuent à réclamer une conférence internationale sur le Proche-Orient à même de garantir les intérêts des deux parties. Mais le grand absent dans ce débat reste l’organisation des Nations Unis et tous les plans de paix qu’elle a cautionnés depuis celui de Madrid. Retour donc à l’éternelle case départ.

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