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Cadrage : Une nouvelle ère

Depuis déjà près d’un mois, on est presque sans gouvernement. La campagne électorale et les législatives proprement dites ont focalisé l’attention de tout le monde, y compris des ministres, dont un certain nombre se sont présentés devant les électeurs avec des fortunes diverses. Les autres n’y étaient pas non plus indifférents, compte tenu du fait que leur propre sort dépendait de cette échéance électorale.
Aujourd’hui, l’heure est au bilan. Ce n’est pas tellement le bilan comptable qui est en cause. Celui-là a été fait et refait à maintes reprises. Il le sera encore davantage à la faveur des changements de titulaires des portefeuilles dans tel ou tel département. Mais le plus important actuellement est le bilan politique de l’équipe Abderrahmane Youssoufi et de ce qu’elle a réalisé dans le sens de la remise en marche des institutions nationales, sur la voie de la démocratisation, de la mise à niveau civique et de l’ancrage du pays dans l’air du temps et dans le sens de la marche de l’histoire. Il est vrai que c’est le tournant imprimé à la vie nationale par un apaisement des relations entre la monarchie et l’ancienne opposition, du temps de feu S.M. le Roi Hassan II, qui a ouvert la voie à ce cycle inédit dans l’histoire du pays et qui est désormais communément appelé la phase de transition consensuelle. Une phase dont le fait majeur a été la succession de S.M. le Roi Mohammed VI à son défunt père, dans des conditions saines constitutionnellement et légitimement, avec une continuité du pouvoir gouvernemental qui a assuré au pays, quoi qu’on en dise, l’une des périodes les plus stables de son histoire.
C’est cette stabilité qui a rendu possible de mettre en oeuvre l’ensemble du dispositif politique, législatif et réglementaire qui a permis de tenir le pari le plus délicat pour la classe politique marocaine : celui d’organiser et de tenir des élections nationales saines, crédibles, transparentes et incontestables. Cette gageure a été, de l’appréciation générale, tenue et au lendemain de cette échéance, tout semble indiquer que l’on se dirige vers l’inauguration d’une nouvelle étape qui sera certainement caractérisée par un regain de dynamisme dans la vie politique nationale, sans crainte pour les fondamentaux institutionnels que la période de transition consensuelle a permis de consolider et d’en éprouver la fermeté et la résistance.
Dans les jours prochains, on connaîtra la nouvelle configuration de la majorité gouvernementale et de l’opposition. Ce qui constituera le signe fort de la rupture avec la période de consensus mise en cause notamment dans la lenteur d’un certain nombre de réformes et d’initiatives c’est un certain équilibre des forces dans les deux camps.
Dans la confrontation dynamique et de caractère qui s’annonce, le débat politique et les traditions démocratiques devront gagner en vigueur et en profondeur. Une telle perspective impose aussi à l’ensemble des états-majors politiques d’injecter du sang neuf dans leurs rangs et de faciliter l’émergence de nouvelles élites pour la conduite des affaires du pays. Ce sera aussi une manière d’exprimer leur prise de conscience vis-à-vis des nouveaux défis qui attendent le Maroc.

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