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Cadrage : Vive la politique !

Avec le parachèvement de la carte électorale et la proclamation de la délimitation des circonscriptions où s’affronterontles listes de candidats aux prochaines élections législatives, la géographie du scrutin sera connue. Exception faite du différé de la liste nationale qui devra normalement privilégier la représentativité féminine, le nombre des sièges soumis à compétition, leur répartition et le principe qui présidera à la ventilation du reste des voix exprimées seront publiés. Et, chose encore essentielle dans cette phase préparatoire, les principaux points du dispositif devant encadrer cet important rendez-vous citoyen, ont fait l’objet d’un large consensus parmi la classe politique nationale. Même si certains commencent déjà à mesurer les conséquences de tels choix et ne se montrent pas très optimistes sur leurs chances.
L’actuelle phase se caractérise d’ores et déjà par les tractations et les bras de fer au sein même des partis entre candidats, notamment dans les circonscriptions urbaines. Les anciens bastions de tel ou tel parti, liés à la notoriété de tel ou tel ténor, ne sont plus d’aucun secours.
Désormais, il va falloir pour les partis opérer des arbitrages délicats entre leurs têtes d’affiche, leurs sympathisants, y compris ceux qui viennent à eux munis de corbeilles persuasives, ainsi qu’avec leurs alliés qui pourraient se montrer compréhensifs ici ou ailleurs ; en somme un échange de bons procédés. Ce sont là certains des délices de la politique en période électorale. Mais, le jeu devient un peu plus corsé du fait, d’une part, de la nouveauté de tous ces aménagements qui demandent parfois une certaine technicité et un savoir faire qui n’existent pas toujours au sein de partis qui manquent d’experts en la matière. Et d’autre part le quasi-désengagement du ministère de l’Intérieur de l’aspect politique et partisan des élections, pour ne garder que le volet administratif, plus compatible avec ses prérogatives et sa vocation. On assiste, en fin de compte à une réhabilitation du politique. Même si la profusion des créations partisanes semble discréditer les partis. Or, les élections, telles qu’elles sont souhaitées, devraient marquer une rupture avec le passé et donner une prime aux formations qui sauront étendre leur action et l’ancrer dans le vécu des citoyens, dans la ville comme dans le monde rural. Elles encourageront également ceux qui font un réel travail de terrain, d’encadrement des citoyens, de reflet de leurs préoccupations et de participation au rayonnement de notre pays et à la solution des problèmes de développement, économique et socio-culturel, des populations.
En tous cas, le rendez-vous sera salutaire dans la mesure où les compétiteurs auront à convaincre à divers niveaux : celui de leur propre parti où il ne suffit pas de hausser le ton pour s’imposer, puis celui de la circonscription, large et pléthorique où les moyens classiques de séduction et d’intéressement ne seront pratiquement pas opérationnels, et enfin celui de l’opinion publique nationale, via les techniques de communication dont il va falloir faire l’apprentissage. Un vrai chemin de croix pour mériter le statut d’élu de la nation.

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