Premier février, un deadline. D’ici cette date, le Conseil de la ville de Casablanca veut régler le problème des ordures de la ville. Des négociations intenses sont en cours avec les trois entreprises soumissionnaires de l’appel d’offres lancé, il y a quelques mois, pour la concession des ordures. Ces entreprises, Smarcolect, filiale du groupe Suez (la Lydec en fait partie), Pizzorno, société française, concessionnaire de la collecte d’ordure dans la côte d’Azur et l’espagnol Tecmed, filiale du groupe de BTP Dragadore, se partageront la collecte des déchets dans une ville qui en produit 3 000 tonnes par jour. Le Conseil de gouvernement compte faire signer à ces entreprises des contrats en bonne et due forme avant le premier février. « Peut-être même au cours de cette semaine », d’après une source proche du dossier.
Seul problème soulevé par les différents candidats dans les négociations en cours, le temps.
Matériellement, il sera difficile de réunir la logistique nécessaire d’ici le 1er février et de faire démarrer les activités. Là aussi, la commune a son mot à dire : «Les choses prendront forme au fur et à mesure. Dans un premier temps, il s’agira de faire avec les moyens du bord. Les entreprises engagées dans le projet ont les moyens et l’expertise nécessaire ».
Bref, les choses se précisent. Avec la résolution du problème des déchets ménagers, Mohamed Sajid, le maire de Casablanca marque un nouveau point inscrit. D’autres dossiers sont en cours : la sécurité, l’éclairage, les trottoirs, qui font partis des neufs points recensés à Casablanca.
À cela, s’ajoute aussi la question du transport, en suspens depuis des décennies. Les déboires de la RATC ont fait couler beaucoup d’encre. Pourtant aucune des différentes équipes qui se sont succédé à la commune de la ville depuis 20 n’a osé affronter ce problème en face : «Trop sensible, trop social», entendait-on, ici et là, alors que d’un côté, les uns après les autres, les projets de métro, de tramway, sont rangés dans les tiroirs. L’actuel Conseil de la ville a déjà préqualifié trois entreprises pour la reprise de la RATC. C’est une révolution qui se prépare. Déjà, trois candidats dont la Régie Autonome de Transport de Paris (RATP) ont répondu à l’appel d’offres international. Là aussi l’échéancier est fixé entre les mois de mai et de juin. Le Conseil de la ville compte finaliser le programme d’ici là. Naturellement, les transporteurs actuels, publics et privés, ne verront pas tous d’un bon oeil ce toilettage qui s’annonce. La dernière étude en date met en relief les réalités d’un secteur où 80% des opérateurs ne répondent pas au cahier des charges et au minimum requis. Comme l’a dit un fonctionnaire de la wilaya, «la sélection sera darwinienne. Les plus forts vont rester, les faibles vont disparaître». C’est la loi du marché. Autre concession en vue, les trottoirs de Casablanca. Pour le moment, on en est encore à la première étape du processus. Une entreprise française a été sélectionnée pour un projet pilote limité le long du boulevard Chefchaouen. Par la suite, la concession sera étendue à toute la ville. Quant à l’affichage, problème qui oppose publicitaires et urbanistes, elle passera aussi à la norme. En lieu et place du traditionnel traitement séquentiel réservé à cette activité, la commune adopte une nouvelle approche globale, reversant ce dossier dans la nomenclature générale des «mobiliers urbanistiques ». Sur la question de l’éclairage public, les choses se sont accélérées. La Lydec a repris le service dans le cadre de l’extension de son contrat de gestion déléguée de l’eau et de l’électricité à Casablanca. Mais des problèmes subsistent encore, selon l’entreprise française. Avant, il y avait 25 communes, la gestion de l’éclairage était décentralisée. Actuellement, l’heure est à la centralisation : «C’est en tenant compte de tous ces problèmes que nous avons décidé de signer un accord provisoire, le temps d’avoir toutes les informations nécessaires, surtout en ce qui concerne le nombre de personnels employées par la commune dans les services de l’éclairage public», souligne-t-on à la direction de communication de la Lydec. Le personnel, réel, fictif, intérimaire, a été toujours, avec la passation des marchés publics, une véritable caverne d’Ali Baba, un problème à la commune de Casablanca. Mais, signe que les choses changent, cet assainissement dans les affaires se déroule en même temps qu’une enquête ouverte par la Police judiciaire. Dans sa livraison d’hier en effet, “Al Ahdate Al-Maghribia” révèle que l’ex-gouverneur Abdelaziz Laâfoura et l’ex-président Abdelmoughit Slimani, présentés par le confrère comme deux proches de l’ex-ministre de l’Intérieur, Driss Basri, ont tous été entendus dans le cadre d’une affaire qui porte sur la mauvaise gestion touchant plusieurs projets. Sont cités nommément, le projet de Oulad Ziane, le projet Hassan II de logements économiques et le parc Sindibad. Toute coïncidence fortuite mise à part, la simultanéité est à reverser peut-être, sans jeu de mots, dans l’objectif premier de Mohamed Sajid. A suivre.









