Saïd Chbaâtou ne manque pas de supporters à l’USFP. Alors qu’il est toujours ministre (de la Pêche) en exercice, il a fait acte de transhumance politique. Le parti de Abderrahmane Youssoufi qui accepte un transfuge parmi ses rangs alors qu’il a jusqu’ici toujours stigmatisé ce phénomène récurrent et dénoncé ceux qui changent de couleur comme on change de chemise.
Faut-il en déduire que l’USFP a dissous ses principes dans son passage au gouvernement et qu’il ne vibre maintenant que pour la moisson du maximum de sièges ? Il semble que l’argument-massue qui a présidé à cette petite coquetterie soit le fait que le député USFP en titre à Khénifra, Abderrahmane Massine, n’ait pas les moyens suffisants pour reconquérir son siège même en étant tête de liste. M. Massine aurait de fortes chances de gagner en étant second à condition que la première place soit occupée par une personnalité en vue capable de hisser la liste vers les cimes de la victoire.
Donc Saïd Chbaâtou tête de liste au nom de l’USFP dans cette province du Moyen-Atlas. Ça sent l’odeur du poisson à plein nez. Ainsi la gestion sujette à caution de l’intéressé du département de la pêche n’était-elle pas de nature à susciter des réserves. Ce qui est bon pour Saïd Chbaâtou est bon pour l’USFP et vice versa. D’autant plus que le candidat transfuge, chassé par Aherdan de la vieille maison MNP et repêché par le parti-locomotive du gouvernement, a fait valoir auprès de certains de ses amis USFP le fait qu’il a été socialiste dans l’âme dès sa tendre jeunesse. Il est vrai qu’il est des fibres qu’on découvre sur le tard.
En fin de compte, le MNP n’aurait été qu’un accident de parcours. Et l’USFP pendant tout ce temps a dû se sentir une cocufiée politique…









