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Chronique d’une mort mystérieuse

«Mandari ne se rendait pas compte que ses dernières déclarations à la presse marocaine signaient son arrêt de mort». Les propos sont celles de Driss Bassri, ex-ministre de l’Intérieur. Retrouvé assassiné d’une balle dans la tête dans un parking de la ville espagnole de Mijas, dans la nuit du 3 au 4 août, Hicham Mandari a été impliqué dans plusieurs affaires: escroquerie, faux monnayage, chantage…. Celui qui se présentait comme conseiller de feu SM Hassan II était inculpé en France pour trafic de faux dinars bahreïnis, portant sur une somme de 350 millions d’euros. Ce qui lui a valu son extradition vers la France, après avoir purgé deux ans de prison aux Etats-Unis. Il a aussi été impliqué dans une affaire de chantage contre le président du groupe BMCE, Othman Benjelloun. Au jour d’aujourd’hui, et trois semaines après, les circonstances de liquidation de Mandari n’ont pas encore été élucidées. Certes, d’après les enquêteurs espagnols, toutes les pistes sont envisageables, mais l’on avance de plus en plus la thèse d’un règlement de comptes.
Certaines sources sont allées jusqu’à donner une connotation politique à son assassinat. Autrement dit, en faisant des déclarations anti-marocaines, Mandari avait creusé sa propre tombe. Les enquêteurs espagnols restent prudents. Eux qui avaient sollicité la collaboration de leurs homologues français pour essayer de mettre la lumière sur une affaire très compliquée. Et pour cause, cet usurpateur professionnel avait plus d’ennemis que d’amis. Tout au long de sa vie, ce natif de Tanger a tissé des liens avec les réseaux criminels. Chose qui a été confirmée, peu après, par son épouse qui vit au Maroc depuis 2003.
Dans une déclaration à l’AFP, elle affirme avoir quitté son mari sur les « conseils d’un avocat », notamment « en raison de ses mauvaises fréquentations ». «Il cherchait les problèmes, on a choisi deux voies différentes», a-t-elle déclaré, affirmant également que Mandari l’avait « menacée » après son retour au Maroc. Plus encore, selon les services de sécurité espagnols, Mandari entretenait des relations avec le Groupe salafiste combattant du Maroc (GSCM), impliqué dans les attentats sanglants du 11 mars dernier à Madrid.
Selon le quotidien espagnol «El Mundo», Mandari était soupçonné d’avoir financé ce groupe terroriste. Objet d’un mandat international depuis 1998, Mandari a été arrêté en août 1999 en Floride où il a été condamné à deux ans de prison. Il avait en sa possession de faux papiers. Lors de ses derniers déplacements en Espagne, Mandari a rendu visite à la célèbre avocate et ex-députée socialiste, Cristina Almeida. Celui qui aimait se coiffer du surnom «prince rebelle», avait comme projet la création d’une association politique en Espagne sous le nom de «Maroc libre».