En tête des priorités définies par SM le Roi, la question du Sahara. Dans son important discours, «la résolution définitive de la question du Sahara» a été citée avant les autres orientations. A l’instar des six autres chantiers, elle devrait être résolue dans une échéance de cinq ans. C’est la première fois qu’une durée est clairement définie par la plus haute autorité de l’Etat, en vue de trouver une issue au problème du Sahara. «Les efforts du Maroc devront porter, durant les cinq prochaines années qui coïncideront avec d’importantes échéances, sur sept principaux axes », a déclaré le Souverain. Le règlement du conflit du Sahara est donc inscrit dans une durée qui n’est plus indéfiniment extensible, mais limitée dans le temps.
Autre nouveauté relative au règlement du problème : «l’aboutissement à une solution politique définitive et mutuellement acceptable au conflit artificiel créé autour de la question de notre Sahara ». Il est important de relever «le mutuellement acceptable» qui implique une autre partie.
Le real politik est désormais de vigueur dans le traitement de ce dossier. A cet égard, le Souverain a précisé : «nous ne ménagerons aucun effort, de concert avec l’Organisation des Nations unies, les pays voisins et les autres partenaires du Maroc, pour parvenir à cet objectif».
Le Souverain a préconisé à cet égard d’assurer «à nos provinces sahariennes de larges prérogatives pour une gestion démocratique de leurs affaires régionales ».
En clair, il est favorable à une solution qui accorderait une large autonomie aux provinces du Sahara, mais «dans le cadre du respect de la souveraineté du Royaume, de son unité nationale, de son intégrité territoriale, de ses valeurs fondatrices et de ses constantes ». Le plan de James Baker, l’ancien envoyé personnel de Kofi Annan, qui proposait une période d’autonomie de cinq ans suivie d’un référendum n’est plus de mise. L’idée même d’un référendum est définitivement rejetée. L’autonomie du Sahara étant la solution qui correspond le mieux à la réalité de cette région.
Par ailleurs, SM le Roi Mohammed VI a exposé les avantages qui découleraient d’une «solution politique». «Parce qu’elle participe d’une vision géostratégique et économique, cette solution politique permettra à la région Sud du pays de renouer avec sa vocation historique, en tant que point nodal d’échanges économiques et de relations humaines, dans un environnement où prédominent la concorde et la sécurité, servant ainsi les intérêts des populations de la région, et ceux des peuples des pays voisins et des partenaires du Royaume », a dit le Souverain. Le conflit ne permet pas au Sahara de constituer ce foyer d’échanges entre le Nord et le Sud.
La tension créée par le polisario dépossède cette région de son rôle historique. Le Souverain a particulièrement loué «la réalisation d’un développement partagé, fruit d’une intégration économique maghrébine». C’est le moyen le plus sûr de garantir «la stabilité, la sécurité et la prospérité de la région». Le développement des provinces du Sud profiterait donc à tout le Maghreb. Mais pour atteindre cet objectif, il faut résoudre le problème du Sahara. Le Maroc entier attend de fêter ce moment… au plus tard dans cinq ans.










