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Coordination et centralisation

Les attentats-suicide perpétrés à Casablanca par des terroristes du groupe intégriste d’Assirat Al Moustakim doivent marquer un tournant décisif dans les relations entre les citoyens et les services de renseignements nationaux. Jamais, dans l’histoire du Maroc, les citoyens ne sont sentis aussi prêts et solidaires des services de sécurité de leur pays.
Il est toutefois important de signaler que ce rapprochement et cette "sympathie" n’ont pas empêché tout citoyen de se demander sur ce qui a failli dans notre "système de sécurité" ce vendredi noir où les terroristes ont pu frapper au cœur de la capitale économique. Des questions à la fois légitimes et logiques puisqu’il s’agit de la sécurité de tous. Les observateurs estiment que les attentats criminels de Casablanca ont révélé qu’il y a deux dossiers à affronter d’urgence dans ce cadre : la coordination entre les services et les moyens humains et matériels dont ils disposent.
Dans le cadre de la coordination entre les différents services marocains, il est à rappeler que le Maroc dispose de cinq services de renseignements dont quatre s’occupent directement de la sécurité intérieure et extérieure du pays. Il s’agit des Renseignements Généraux (RG) qui sont un département de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), la Gendarmerie Royale, et la Direction Générale des Etudes et de la Documentation (DGED).
La Direction des Affaires Générales (DAG), qui fait partie du ministère de l’Intérieur, n’est pas un service de sécurité, mais son rôle est très important puisqu’elle se charge généralement de centraliser et d’analyser toutes informations émanant des administrations territoriales. Ces différents services ont tous les mêmes objectifs : protéger le pays contre toute atteinte à sa sécurité qu’elle soit d’origine intérieure ou extérieure.  Mais, le problème essentiel reste, bien entendu, celui de la coordination entre tous ces services. Car, les données qui parviennent à chaque service ne sont généralement pas mises à la disposition de l’autre. Une action qui peut servir tant au recoupement, élément essentiel dans la construction de l’information, que comme complément d’information dabs certains cas.
Or, il est évident que les services marocains ont besoin d’une instance qui centralise et analyse les informations émanant de chacun d’entre eux, et qui peut aussi, en cas de besoin, coordonner leur action pour éviter toute anarchie dans l’action lors d’événements majeurs. L’exemple le plus significatif à ce propos reste celui des attentats dont a souffert le Maroc récemment. Ainsi, la nuit des crimes, l’on a constaté que les différents de services de sécurité manquaient de coordination pour organiser leurs interventions à un moment où celles-ci devaient être orientées, précises et rapides. L’existence d’une instance de coordination dans de tels cas facilite la rapidité tant de la réaction immédiate que de l’action qui doit suivre pour arrêter les complices et les instigateurs.
Pour remédier à un tel déficit, il est nécessaire que l’on pense au Maroc à la création d’un organisme chargé de cette tâche à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, par exemple, le conseil national de la sécurité joue un rôle primordial en ce qui concerne la sécurité des Américains puisqu’il centralise toutes les analyses émanant de tous les cerises d’espionnage et de renseignements et se charge d’élaborer une "Politique Nationale de Sécurité". Un système que les Français se sont empressés de calquer au lendemain des attentats du 11 septembre.  Autre cet aspect, les événements du 16 mai doivent attirer l’attention sur la situation professionnelle et sociale de ceux qui assurent la sécurité du pays. Ainsi, la situation des agents de police, qui affrontent les dangers pour faire face à tout ce qui est de nature à porter atteinte à la sécurité du pays et de ces citoyens, doit être améliorée dans les plus brefs délais. Salaires, conditions de travail statut et image sociale du policier sont là des dossiers urgents sur lesquels le gouvernement est appelé à faire beaucoup d’effort. Par ailleurs, toutes les composantes de la société marocaines, partis politiques, associations et médias doivent œuvrer pour changer certaines attitudes négatives adoptés par certains d’entre eux à l’égard des services de renseignements.
Rappelons que nos services ont été, à maintes reprises, l’objet de plusieurs campagnes de dénigrement allant jusqu’à mettre en doute mettant en doute leur bonne foi dans leur action, l’été précédent, contre les éléments de la Salafia Jihadia. Enfin, il faut avouer que, pour réussir sa mise à niveau, le système du Renseignement marocain devrait disposer d’un climat favorable avec le soutien de toute la société marocaine d’un côté, et de tous les moyens nécessaires à une meilleure réalisation de sa mission.

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