L’affaire Kacimi, qui a tenu pendant des semaines en haleine le public footbalistique national, est emblématique de l’état d’esprit des pratiquants du ballon rond au Maroc. Un joueur parce qu’il est une star doit-il se permettre de s’en foutre et aller jusqu’à casser la gueule à un policier ?
Le sport en général est censé véhiculer les valeurs de la discipline, du respect et de l’amour…Pour s’être éloigné de cette ligne de conduite, le joueur du Raja de Casablanca s’est retrouvé dans le box des accusés comme un vulgaire délinquant en train de bafouiller devant ses juges. Un fait divers qui éclabousse l’image du football marocain déjà ternie par la mauvaise qualité de ses prestations.
Il ne manquait qu’un Kacimi pour compléter le décor. Un décor fait de violence, de prétention et de sous-culture…L’accusé, qui s’en est tiré avec la liberté provisoire après que l’agressé eut fini par retirer sa plainte sous la pression, a beau nier les faits, il n’a pas à être dans un prétoire, encore moins s’acharner, quelle que soit la raison, sur un agent de police dans l’exercice de ses fonctions.
Un bon joueur est celui qui ne perd jamais son sang froid, qui sait se maîtriser face à l’adversité. Quelles valeurs un sportif comme Kacimi peut-il incarner auprès de ses supporters ?
Les stades marocains sont-ils peuplés de voyous en maillots ? Beaucoup le pensent même si il ne faut pas généraliser. Cependant, le cas Kacimi et d’autres avant lui projette une lumière crue sur une certaine réalité. Celle du manque d’encadrement des footballeurs en particulier et des sportifs en général dont la plupart justifient d’un niveau d’instruction très faible. Cela se voit quand ils parlent devant les caméras de télévision… La majorité sont incapables d’aligner deux phrases correctes.
Un joueur n’est pas accompli parce qu’il sait seulement frapper dans un ballon. Son histoire ne doit pas uniquement être réduite à celle d’une balle au pied. Un footballeur doit aussi pouvoir rattraper le temps perdu en achevant son instruction et en éveillant ses sens à d’autres activités intellectuelles. C’est tout le problème des gens comme Kacimi. Ils croient que leur réussite sportive peut compenser tout, y compris leur échec scolaire et leur donne éventuellement le droit d’être au-dessus des lois…
Force est de constater que la défaillance des clubs dans le domaine de la formation des joueurs est avérée. Personne pour prendre en main l’éducation des joueurs qui en ont besoin pour que la qualité de leur prestation technique sur le terrain ait un prolongement conséquent dans la société.
Décidément, le football marocain n’en finit pas de sombrer dans la médiocrité. Pourvu que l’affaire Kacimi soit un cas isolé qui ne fera pas de ce sport un abonné de la rubrique faits divers. Une chose est sûre : le sport le plus populaire a besoin d’être repensé dans son fonctionnement et dans ses objectifs de telle sorte que les joueurs puissent être plus que des faiseurs de spectacle…









