Depuis quelques jours, Alvaro de Soto n’est plus l’envoyé spécial de Kofi Annan pour le Sahara marocain. Il quitte donc ses fonctions moins d’un an après avoir remplacé James Baker sans qu’il ait eu le temps d’imprimer un nouveau style au dossier. Quelle lecture faire de cette décision du Secrétaire général de l’ONU, intervenue une dizaine de jours seulement après la prorogation de six mois du mandat de la Minurso ?
De prime abord, il y a la lassitude de l’organisation onusienne, son incapacité chronique à mettre d’accord les protagonistes de l’affaire sur une solution acceptable par tous. Si le Maroc, soutenu en cela par les principales puissances, est partisan de la seule autonomie élargie sous souveraineté nationale, le Polisario, lui, reste attaché à une option impossible, celle du référendum en vue de l’indépendance de la région. D’où le statu quo. À ce rythme, celui-ci peut encore durer 30 ans ou même plus. Autre lecture de l’affaire du départ de M. de Soto, la difficulté qu’a rencontrée l’intéressé de remplacer un James Baker à la stature incontestable. Il est vrai que seule une personnalité charismatique, qui doit obligatoirement obtenir l’aval des parties en conflit, est à même de sortir l’affaire de son enlisement actuel. Reste à trouver l’oiseau rare.
En attendant, c’est un constat d’échec de l’ONU qui s’impose à tous. Cette instance n’a pas réussi à inventer une nouvelle méthodologie pour traiter différemment le dossier du Sahara marocain. Circonstance atténuante pour l’ONU, ce dernier n’est pas simple. Il est compliqué par sa nature du fait de son caractère artificiel créé de toutes pièces par l’Algérie pour gêner la marche du Maroc. La solution se trouve sans conteste à Alger qui a multiplié ces derniers temps des signes de bonne volonté envers Rabat.
La solution politique étant la plus juste, rien n’empêche a priori les autorités marocaines de prendre les devants en mettant rapidement en œuvre les mécanismes de l’autonomie dans les provinces du Sud au lieu que le sort de cette région soit pris éternellement en otage par des calculs stériles et des arrière-pensées contre-productives. Autre facteur qui milite en faveur de cette initiative, le danger de l’activisme pro-Polisario qui semble gagner du terrain en l’absence d’une réaction des autorités.
L’élaboration sur le terrain de cette autonomie clarifiera certainement le jeu et permettra, le moment venu, à tous ceux- y compris les pontes du Polisario- qui veulent s’inscrire dans une dynamique tournée vers l’avenir de s’impliquer dans le développement local. Par ce processus, le Maroc aura alors donné la preuve de sa bonne foi et fait montre de sa volonté de sortir définitivement d’un pseudo-conflit qui n’a que trop duré et hypothéqué l’avenir du Maghreb. Vouloir créer un État-croupion au Sahara est une grosse plaisanterie. Il est temps de faire comprendre autrement, par des actions concrètes cette fois-ci, à la bande à Abdelaziz qu’il n’existe pas de peuple sahraoui et que l’indépendance n’a jamais été autre chose qu’un mirage favorisé, semble-t-il, par la chaleur torride qui règne dans les camps de Tindouf.









