Nombre de secteurs d’activité en crise ne connaissent que le langage de la revendication. À chaque fois qu’ils sont en difficulté, leurs représentants, jamais satisfaits, toujours gourmands, se tournent vers le gouvernement pour demander des avantages fiscaux, sociaux ou financiers. Ce couplet, plusieurs fois entonné sur tous les modes jusqu’à l’usure, est devenu trop lassant pour ne pas provoquer la réaction du Premier ministre. Driss Jettou a en effet exprimé son exaspération face au même scénario à l’occasion de sa réunion, jeudi 28 avril, avec les membres du bureau de la CGEM quand les patrons de certaines fédérations comme celles du textile-habilement ont commencé à revendiquer l’assistance du gouvernement en vue de faire face au rouleau compresseur de la mondialisation. Ce mur des lamentations ne rime plus à rien. Il est même scandaleux. Surtout lorsque l’on sait que nombre d’activités tournées notamment vers l’export ont gratté au fil du temps de nombreuses facilités sans jamais s’interroger sur ce qu’elles peuvent consentir comme efforts pour s’en sortir et contribuer réellement au développement de l’économie nationale. Et puis, il y a cette absence de performances. Elle renforce le sentiment que ces faveurs n’ont pas servi à accroître la compétitivité des entreprises concernées puisque le problème reste aujourd’hui entier ou presque. D’ailleurs, les exportations marocaines connaissent actuellement un recul assez important, voire inquiétant. Le soutien du gouvernement pour tel ou tel secteur en difficulté peut se justifier à condition qu’en retour il y ait un feed-back en termes de résultat. Mais continuer à accorder des subventions à fonds perdus n’est plus tenable.
La solution ne se trouve certainement pas seulement dans le camp gouvernemental. Elle est surtout endogène, en rapport avec les secteurs concernés qui ont du mal à conquérir des marchés extérieurs ou à y sauvegarder leur place de naguère. La riposte doit venir des intéressés eux-mêmes au lieu de continuer à jouer les pleureuses auprès des pouvoirs publics.
Devant le bouleversement de la donne économique mondiale, les dégâts sont inéluctables : les entreprises en mal de restructuration seront balayées. Seuls survivront les groupes organisés. Le tissu industriel national est donc obligé de revoir ses méthodes de travail, de nouer des alliances stratégiques et d’explorer d’autres niches porteuses de croissance. Compter sur le gouvernement n’est pas une bonne solution. Cette manière de demander à chaque fois comme si c’était un droit des exonérations et autres baisses de charges est pour le moins irresponsable.
L’exécutif actuel fonde un grand espoir sur les conclusions de l’étude Mackensie. Ce sera la feuille de route décisive pour l’industrie marocaine toutes branches confondues pour les décennies à venir. C’est elle qui va déterminer avec précision les filières où le Maroc possède encore des avantages comparatifs et énumérer les moyens à déployer pour attirer les investisseurs potentiels.









