L’étau se resserre autour de Driss Basri en France. L’ex-ministre d’État à l’Intérieur est déclaré indésirable dans ce pays où il s’est fait là aussi une foule d’ennemis. Dans une lettre ouverte à Driss Basri, “un collectif d’associations de Marocains résidants en France“ accuse le destinataire de “ternir cette amitié (NDLR, liant le Maroc à la France) et de mettre mal à l’aise les amis qui vous ont aidé“.
Tout au long du texte, M. Basri en prend pour son grade, invité à quitter rapidement l’Hexagone “ en douceur et sans bruit“ sous peine de le faire sous la pression d’une marche “tricolore dans les quatre coins de France“.
Voilà, Driss Basri, qui fut omnipotent pendant plus d’un quart de siècle, faisant et défaisant les carrières avec un penchant pour les gens qui lui ressemblent, concentrant dans ses seules mains tous les leviers du pouvoir, devient aujourd’hui de plus en plus encombrant. Triste fin. Le mal-aimé de Paris n’en a pas moins une haute idée de lui-même et un certain souci de son paraître. Et tient à le faire savoir . N’a-t-il pas, à l’occasion du Nouvel an, gratifié la presse d’un joli cadeau : un jeu de photos de sa personne signé AFP, prises sous toutes les coutures dans différents endroits parisiens le montrant souriant tantôt dans sa belle voiture, tantôt scrutant une bouteille de vin dans un supermarché… Sacré Driss ! Les photos publiées jusqu’ici par les journaux nationaux, il faut le reconnaître, n’étaient pas tout à fait à son avantage et il en a certainement conçu un certain mécontentement.
Ainsi fonctionne celui qui a raté sa sortie. Il veut soigner son image du moins vestimentaire car le fond de ses tribulations est une autre histoire. Il a beau fréquenter les restaurants chics de la place parisienne, posséder une voiture luxueuse, disposer de comptes bancaires bien garnis, Driss Basri est malheureux au point de susciter la pitié pour s’être enfermé lui-même dans une logique intenable alors qu’il avait la possibilité de mener grand train en se faisant un peu oublier. Ce n’est pas l’approche qu’il a choisie. Bien au contraire. Et il est en train de le payer cher ne serait-ce qu’en prenant le risque de développer le sentiment de persécution.
Décrié au Maroc où sa son fils Hicham est dans le collimateur de la justice, pourchassé en France où il indispose plus d’un , Driss Basri, assiégé, cherche à présent à élire domicile en Espagne, précisément à Costa Del Sol et projette de lancer à Madrid une entreprise de médias. M. Basri connaît le pouvoir de la presse pour avoir longtemps, du temps de sa toute-puissance, côtoyé les journalistes qu’il ne dédaignait pas de manipuler. Après avoir perdu le commandement politique, l’homme de Settat veut rebondir sous les traits d’un magnat des médias.
Magnifique Driss ! Coïncidence ou pas, celui-ci est en passe de se “mandariser“ puisque, ce faisant, il suit le même chemin que celui de Hicham Mandari retrouvé assassiné en Espagne en août dernier après avoir quitté la France en direction de Madrid avec le projet de créer une chaîne de télévision.









