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Éditorial : Des moyens et des hommes

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L’heure de la réorganisation a sonné pour la police. C’est la lecture faite par les observateurs de la nomination, vendredi 25 juillet, du général Hamidou Laânigri à la tête de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale). Une nouvelle mission pour M. Laânigri qui a réussi à restructurer les services de la DST et à professionnaliser ses méthodes de travail selon les normes et les exigences du métier de renseignement. Promu nouveau patron de la DST, Ahmed Harari, jusqu’ici directeur régional de la DST à Casablanca, est appelé à accomplir sa mission dans un esprit de continuité. Cela dit, la police, dont l’ex-directeur général Abdelhafid Ben Hachem n’a pas démérité au demeurant, a aujourd’hui grand espoir de voir sa situation changer dans le bon sens: une amélioration de ses conditions aussi bien matérielles que morales qui ont connu une dégradation constante au fil du temps. Les moins lotis sont surtout ceux qui sont rivés à l’échelon le plus bas de la hiérarchie. La police a besoin d’autant plus d’une revalorisation de son salaire et indemnités qu’elle n’a pas le droit, contrairement aux autres fonctionnaires de l’Etat, de se syndiquer pour défendre ses droits et arracher des augmentations. C’est pour cela que l’Etat, qui est son employeur et son seul recours à la fois, doit être à l’écoute des problèmes et des revendications de ces hommes en uniforme. Une police citoyenne qui s’acquitte convenablement de sa tâche de sécurité a évidemment ses exigences et ses préalables. Un policier sous-payé, qui a tout le mal du monde à joindre les deux bouts, est évidemment un homme qui manque de motivation. C’est évidemment de sécurité qu’il s’agit. Il s’agit de faire de la police un corps motivé et performant doté des moyens humains et techniques nécessaires. La mise en oeuvre d’une entreprise réformatrice, qui soit à la hauteur des ambitions d’une police entreprenante et efficace, exige, bien entendu, une révision en hausse du budget actuel de la DGSN. La montée de la délinquance et de la criminalité dans les grandes villes du pays dicte une nouvelle approche sécuritaire basée surtout sur la prévention. La répression comme seule unique réponse n’est pas suffisante. C’est l’action policière dans sa globalité qu’il convient en fait de repenser à la lumière des nouveaux défis urbains et suburbains. Les attentats-suicide du 16 mai ont révélé nombre de lacunes et d’insuffisances. Celle-ci par exemple : les quartiers périphériques et poussiéreux de Casablanca, à l’image de celui de Sidi Moumen d’où sont issus la majorité des kamikazes, ne sont pas dotés de commissariats de police. Résultat : ces quartiers non contrôlés sont devenus des espèces de “territoires-voyous“ livrés à des hors-la-loi dès lors. La police ne s’y aventure pas faute de routes d’accès aux bidonvilles. Symbole de l’autorité de l’Etat, la police doit se redéployer partout surtout dans les zones réputées chaudes et à risque. Une action de reconquête salutaire. Il y va de la sécurité des personnes et des biens. De la sécurité tout court.

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