Sept membres du conseil d’administration de l’Institut royal de la culture amazighe ont annoncé, lundi 21 février, dans une lettre adressée au recteur de cette instance leur retrait de ce conseil.
Par leur démission – ou « retrait » comme ils ont préféré appeler leur initiative – ils ont voulu attirer l’attention de l’opinion publique sur le fait que, depuis sa création, l’IRCAM n’a pas réussi à faire avancer les choses en ce qui concerne la concrétisation de la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes.
En fait ce qu’ils dénoncent, c’est l’immobilisme qui semble régner, selon eux, sur le travail de cet Institut. Après plus de deux ans d’existence, l’IRCAM n’a réalisé aucune des missions qui lui ont été assignées par SM le Roi au moment de sa création. Ils rappellent ainsi les différents discours où le Souverain avait indiqué les grandes lignes du rôle et des prérogatives attribuées à l’Institut notamment en ce qui concerne la mise en oeuvre des moyens à même de contribuer à l’intégration de la langue et de la culture amazighes dans le système éducatif et le paysage audiovisuel national.
Les raisons invoquées par les sept membres démissionnaires pour justifier leur décision sont, à première vue, compréhensibles étant donné que l’Institut, selon eux, adopte une position passive sur des sujets qui font partie de son domaine d’activité et qui figurent en tête de la liste de ses prérogatives. Toutefois, même si on comprend parfaitement les raisons qui ont conduit à cette prise de position, il est difficile d’admettre que le retrait soit le meilleur est le seul moyen d’exprimer un quelconque désaccord.
En effet, le fait d’être en désaccord avec la méthode d’action adoptée par la direction de l’Institut ne peut à lui seul justifier une démission collective. Car, on n’abandonne pas un navire en pleine mer parce que l’on n’est pas d’accord avec la méthode de navigation. D’ailleurs, si le dahir de création de cette instance chargée d’oeuvrer pour la reconnaissance de la Culture amazighe a prévu qu’elle soit dotée d’un conseil d’administration c’est parce qu’il voulait notamment qu’elle soit gérée d’une manière collective basée sur la concertation. En plus, il est évident que le législateur, en élargissant le conseil d’administration dudit Institut à toutes les sensibilités et à toutes les tendances du mouvement amazighe national, a voulu qu’il soit, à la fois, une plate-forme de débat et de concertation et un organisme d’action pour la concrétisation des programmes établis par ses membres.
Ainsi, les sept membres qui ont pris la décision de se retirer et d’abandonner le navire auraient peut-être mieux fait de fomenter le débat de l’intérieur même du Conseil, qui a d’ailleurs été mis en place à cette fin, au lieu d’opter pour la politique de la chaise vide.








