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Éditorial : La culture du pardon

Dans la nuit du destin qui marque la fin du Ramadan, une prière qui était chère à l’épouse du Prophète , Lalla Aïcha, est souvent répétée par les croyants : «Dieu, Vous qui êtes le Pardon et qui aimez le pardon, pardonnez -moi» . La tolérance qui imprègne tous les préceptes de la religion musulmane se résume dans ce hadith relaté par El Boukhari. Normal donc que SM le Roi Mohammed VI, Amir El Moumine et descendant du Prophète s’en inspire pour faire du pardon une constante qui guide son règne depuis son accession au Trône. Autant dire que le pardon qui véhicule la tolérance répond parfaitement aux droits de l’Homme tels qu’ils sont reconnus aujourd’hui universellement. En répondant à la requête de la commission de l’instance Equité et Réconciliation de gracier une trentaine de prisonniers, le souverain n’a fait que perpétrer cette vertu de réconciliation qu’il a entamée depuis quatre ans . Il n’y a rien, donc, d’exceptionnel dans ce geste d’amnistie royale dont ont bénéficié beaucoup d’opposants politiques et autres depuis 1999. La grâce étant juridiquement une prérogative exclusive du Roi, elle va de pair avec l’Etat de droit comme il est d’usage dans les pays les plus ancrés dans la démocratie. Aussi ne faut-il pas s’étonner , outre mesure, même si certains esprits revanchards assimilent ce geste royal à un quelconque interventionnisme d’ici ou d’ailleurs. Il ne faut pas être surpris non plus s’ils focalisent toute leur attention sur deux ou trois personnes graciées pour en tirer des conclusions hâtives. Car si on scrute bien la liste des détenus amnistiés ( voir en page 6) on découvre que la majorité est constituée d’islamistes radicaux. Comme par hasard ces derniers dont certains purgent de lourdes peines depuis deux décades, ont été ignorés par des agences de presse qui ont titré sur une seule personne. C’est dire que pour ces agences comme pour certains ONG, les droits de l’Homme sont hiérarchisés comme dans les Etat-Unis de Guantanamo. Il est certain que le front de refus systématique va suivre cette approche très approximative d’une démocratie personnalisée. Sauf qu’après l’euphorie du moment, ils n’auront plus rien à digérer dans une démocratie marocaine qui assume courageusement son passé douloureux. Le discours royal prononcé à Agadir à l’occasion de l’installation de l’instance Equité et réconciliation en fait référence tout en constatant les acquis du présent et en s’engageant vers un avenir meilleur. La récidive dans les violations des droits de l’Homme devient ainsi emprisonnée dans le carcan solide d’une démocratie de plus en plus hermétique à tout corps étranger à la liberté dans toutes ses formes. Le Souverain vient de confirmer que ce processus est irréversible dans son côté humanitaire et démocratique. Encore faut-il que le front de refus systématique sache que la démocratie a ses règles qu’il faut respecter pour ne pas tomber dans l’anarchie radicale qu’elle soit islamiste ou autre. Tout comme la culture du pardon n’est pas systématique en ces temps où le terrorisme physique, mais aussi intellectuel, ne répond à aucune valeur humanitaire.

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