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Éditorial : La vérité

Interrogé sur la différence entre la vérité et le mensonge dans le témoignage, Ali, le cousin et compagnon du prophète Mohammed, avait répondu que «la vérité est de dire « j’ai vu » et le mensonge est de dire « j’ai entendu »». Il a ainsi expliqué à ceux qui lui avaient posé la question que la première condition requise pour que le témoignage d’une personne soit accepté dans les affaires pénales est qu’elle ait vu de ses propres yeux ce qui s’est passé.
Il y a quelques jours, certains articles se sont fait l’écho d’une affaire qui a ébranlé la ville de Safi et ses environs. Un habitant de la région aurait enfermé sa femme dans une chambre de sa maison durant dix ans. Selon les informations rapportées par certains quotidiens, la pauvre femme aurait été privée de sa liberté par son époux qui l’aurait même empêchée de se faire soigner par un médecin, sachant qu’elle était très malade. Alertées par des proches de la femme, les autorités compétentes ont procédé à l’arrestation de l’époux et l’ont traduit devant la justice qui devra bientôt se prononcer sur l’affaire.
Relayée par les agences de presse accréditées au Maroc, cette information a immédiatement fait le tour du monde. On lisait dans leurs dépêches qu’en dépit de l’adoption d’un nouveau code de la famille, au Maroc il y a toujours des hommes qui considèrent les femmes comme des esclaves et qui se permettent de les enfermer en toute impunité.
Soucieux de faire la lumière sur cette histoire et de découvrir la vérité, les reporters d’ALM se sont rendus chez la famille en question.
Une fois sur les lieux, ils découvrent qu’il y a une grande différence entre ce qui a été rapporté et la réalité des faits. En vérité, la femme en question n’avait jamais été enfermée par le mari, et son fils, à qui l’on avait attribué un témoignage accablant contre son père, affirme que ses propos avaient été dénaturés. Pire : on lui aurait fait dire des choses qu’il n’avait jamais dites.
Nos reporters ont été étonnés de voir une famille unie et solidaire. La photo de famille que nous publions ci-contre atteste de cette solidarité. Reçus cordialement, nos reporters découvrent que toute l’affaire a été montée de toutes pièces par des proches de l’épouse qui voulaient mettre la main sur une propriété dont elle aurait héritée dernièrement. Et pour y parvenir, ils accusent le mari de la maltraiter profitant du fait que la femme en question souffre, depuis plusieurs années, de certains problèmes psychiques.
D’ailleurs, après avoir examiné le dossier, le juge chargé de l’enquête a immédiatement accordé la liberté provisoire au mari qui, au contraire, s’est toujours montré prévenant envers sa moitié. Mais la cupidité de certains proches de cette dernière ont fait que l’époux s’est retrouvé, à son corps défendant, dans le banc des accusés. Mais pas pour longtemps. La vérité a fini par jaillir.

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