Décidément le feuilleton du groupe Dallah Al Baraka ne manque pas de suspense, d’un palais de roses et beaucoup d’épines. À tel point que du fameux et gigantesque projet de Taghazout, on ne retient aujourd’hui qu’une suite de polémiques entre différents partenaires y compris les assosiés et les fournisseurs. Et puis, comme par miracle, le Cheikh Saleh El Kamel et son inénarrable associé Azeddine Lakhouaja s’affichent en photo pour sceller la réconciliation des deux amis inséparables. Au detriment de qui ? Des fournisseurs qui ne sont pas payés ou de ces pauvres journalistes qui ne savent plus à quel saint se vouer jusqu’à dire la chose et son contraire. Le ridicule ne tue pas même quand une certaine presse se confond dans ses propres contradictions pour défendre Cheikh EL Kamel et Lakhouaja. Ainsi lit-on dans un même article la désinformation suivante : Certaines personnes malintentionnées et mal informées ont essayé d’affecter l’amitié des deux associés et de salir la réputation de leur entreprise en inventant un différend entre les deux hommes. Jusqu’ici rien ne choque personne sauf quand l’auteur de l’article fait dire à Cheikh El Kamel qu’il n’existe plus aucun conflit entre lui et son ami Lakhouja. Fichtre ! Mais cela veut dire que les deux associés étaient sur le point de la rupture quand ils se sont disputés en public et par presse interposée. A preuve cette lettre accusatrice datée du 30 octobre 2003 dans laquelle Cheikh Kamel taxe de tous les maux son ami et associé. Pour mémoire le président de Dallah Baraka commence ce brûlot par un virulent réquisitoire : «Malgré tout ce que je t’ai octroyé comme soutien et pleins pouvoirs pour réaliser nos projets au Maroc. En dépit de tes promesses de changer ton comportement avec les gens avec lesquels tu as affaire, je n’ai malheureusement constaté qu’une croissance de problèmes. J’ai découvert avec consternation que tu es redevable de dizaines de millions de dirhams envers des fournisseurs qui frisent la faillite. Pourtant tu m’avais promis, encore il y a un mois à Beyrouth, que tu allais payer tes créanciers. Non seulement tu ne l’as pas fait, mais tu as osé émettre des chèques sans provision qui ne peuvent être que l’oeuvre d’un homme irresponsable qui a essayé de nuire à ma réputation». Si après cela, certains journalistes croient au Père Noël pour convertir le mal en bien d’un trait de plume, c’est que les fournisseurs de Palais des roses ont perçu leurs dus. Tout cela relève de l’insensé car ces derniers continuent à courir dans tous les sens pour ne pas faire faillite et licencier des centaines d’employés et par ricochet mettre dans l’incertitude des milliers de familles. Les victimes des Palais de roses ne semblent pas apitoyer les défenseurs attitrés de Cheikh et de son associé comme si l’investisseur étranger au Maroc est intouchable même quand il viole les lois des affaires.
Cette immunité de facto est d’autant plus incongrue que ledit investisseur apporte souvent un maigre capital propre pour vendre des rêves avec l’argent emprunté chez nos banques. Et comme bonus : ils ne paient pas leurs fournisseurs.








