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Éditorial : Noubir et Yassine

La Confédération démocratique du travail ( CDT) a hébergé récemment en son sein un groupe de syndicalistes de Al Adl Wal Ihssane. L’information est passée inaperçue. D’emblée, il y a lieu de s’interroger sur les rapports entre la centrale de Noubir Amaoui et l’organisation de Cheikh Abdesslam Yassine. Les deux structures, qui à priori n’ont rien de commun sinon le fait que leurs leaders respectifs se connaissent depuis longtemps. Se sont-elles découvertes subitement des affinités syndicales à la faveur du Maroc nouveau qui se dessine ?
Ne cherchez pas la cohérence dans cette situation pour le moins inédite. Tout indique que nous sommes face à une démarche non dénuée d’arrière-pensées où chaque partie croit pouvoir trouver son intérêt. Traumatisée par son divorce avec l’USFP qui a pris récemment comme partenaire de substitution la jeune rivale FDT de Taïeb Mounchid, marginalisée sur la scène syndicale après avoir servi pendant longtemps comme épouvantail des partenaires sociaux, la CDT et son patron ont conçu de leur sort actuel une certaine aigreur mâtinée d’un sentiment de revanche. Quitte à s’allier avec le diable, tout ce qui aux yeux de M. Amaoui est de nature à permettre à son syndicat de reprendre du poil de la bête et de devenir un vrai pôle d’opposition est bon à prendre. Désormais, il convient de lire chaque geste et acte de la CDT à la lumière de l’état d’esprit de son chef qui ayant perdu de son panache réel ou supposé est en passe de basculer dans un gauchisme un peu gauche. En accueillant dans sa centrale des syndicalistes d’Al Adl Wal Ihssane, l’intéressé a eu probablement aussi une petite pensée pour son parti le Congrès national ittihadi (CNI). Avec comme ambition de faire profiter cette formation d’une consigne de vote de Al Adl Wal Ihssane à ses militants de réserver éventuellement leur vote au “voilier“ (symbole du CNI) lors des élections communales de septembre prochain ? Son voilier ouvert aux quatre vents arrivera-t-il un jour à bon port?  
Que gagne Al Adl Wal Ihssane à mettre un pied dans une centrale syndicale ?  Pour une association qui commence à étouffer sous l’interdiction qui la frappe condamnée qu’elle est à la clandestinité , une telle action équivaut pour elle à un appel d’air et une manière de se manifester sur la scène  pour dire :  “ je respire, donc j’existe“. Cela participe de la même stratégie qui a présidé à la journée nationale de dialogue sur le statut de la femme organisée le 26 avril dernier par la section féminine de l’Organisation de Abdesslam Yassine (voir ALM n° 372). Sortir de temps en temps de l’isolement forcé permet aussi de se rappeler aux bons souvenirs des observateurs et des autorités. Car il n’y a pire risque que celui d’être jeté définitivement aux oubliettes et de végéter perpétuellement dans l’underground. C’est tout le problème justement d’un mouvement qui commence a être supplanté par les islamistes reconnus du PJD qui, eux, travaillent à ciel ouvert.

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