Après le choc, la douleur, la consternation et l’indignation provoqués par les attentats criminels de Casablanca, le Maroc uni se réveille et se mobilise pour aller de l’avant. L’enquête de police avance avec une célérité remarquable. Les ramifications s’avèrent plus étendues qu’on ne croyait et les risques de nouvelles attaques ne sont pas écartés. Bien au contraire, il se confirme de jour en jour que les terreaux du terrorisme pullulent dans les quartiers populaires de Casablanca et dans d’autres villes. La découverte de produits chimiques détonants à Hay Lalla Meryem démontre que les matrices de l’intégrisme pullulent d’embryons du terrorisme. À preuve, cette autre découverte, dans une maison à Larache, d’une grande quantité d’explosifs prête à semer la mort et l’horreur. C’est dire que ce qui s’est passé à Casablanca n’est pas un acte isolé d’une bande d’illuminés du quartier Sidi Moumen, mais qu’il s’agit bel et bien d’un virus qui a prospéré partout en venant d’ailleurs et d’ici. Il est évident que l’Etat, à travers ses services de renseignements, est mis à mal par cette catastrophe et qu’il existe quelque part un laxisme qui a encouragé les terroristes à passer à l’acte. Ce qui est certain, c’est que la faille est avérée contrairement à la détermination des responsabilités des uns et des autres. Il est inconcevable, par exemple, que les services de renseignements, tous corps confondus, n’aient pas eu un bon oeil sur le fief des intégristes à sidi Moumen. Sachant que c’est dans ce même quartier que la police a découvert, il y a quelques mois, le quartier général des criminels. C’est dans ce faubourg délaissé que les intégristes ont élu domicile, prêché la violence dans une mosquée privée et lapidé un citoyen avant d’assassiner un policier. Un corps de police normalement constitué , que ce soit la PJ, la DST, les RG ou autres, ne devrait pas lâcher du lest face à ce nid de bombes humaines. La direction des affaires générales (DAG) de cette préfecture devrait normalement, par sa proximité des citoyens à travers les Mokaddem et les Caids, devancer l’acte par la prévention. A moins que les services précités ignorent le recoupement des informations, voire leur traitement d’une manière rationnelle. Ce qui gêne aux entournures, c’est qu’au niveau central ces informations sont différemment traitées , voire sous estimées et condamnées au classement. Il existe certainement une faille quelque part dans la centralisation de ces renseignements et encore plus dans la manière avec laquelle ils sont traités à haut niveau. Personne ne peut prouver qu’il existe une guerre de services, mais il est certain que ces attentats ont démontré que le manque de coordination est flagrant entre les services. La responsabilité du ministère de l’Intérieur réside dans le fait que ce département a tronqué son rôle de sécurité pour sombrer dans la gestion des collectivités locales, des élections et de l’économie des wilayas. Ce n’est pas une démission, mais un recul dont la responsabilité incombe au gouvernement, aux services et aux forces nihilistes qui les ont pointés du doigt au nom d’une démocratie… qu’ils imaginent anarchique.








